22e  Conférence de Montréal : les francophones parlent emploi et climat

Étape nord-américaine incontournable dans l’agenda économique international, la Conférence de Montréal s’est déroulée du 13 au 16 juin dernier. Comme à chaque édition depuis 10 ans, l’OIF y a mené des actions de sensibilisation et de plaidoyer concernant notamment deux enjeux majeurs pour les francophones : la création d’emplois pour les jeunes et les femmes et la mise en œuvre de l’Accord de Paris.

Trois rencontres organisées par l’OIF ont permis à des personnalités francophones de s’exprimer sur ces thématiques, dont la ministre du Développement international et de la Francophonie du Canada, Marie-Claude Bibeau, la ministre des Relations internationales et de la Francophonie du Québec, Christine St Pierre, le ministre chargé du suivi du Plan Sénégal émergent, Abdul Aziz Tall, et l’administrateur de l’OIF, Adama Ouane.

Sans les femmes, « il n’y aura pas de vraie croissance »

La première rencontre, un forum organisé par l’OIF en collaboration avec le ministère des Relations internationales et de la Francophonie du Québec, a proposé une discussion sur l’entrepreneuriat et le rôle des incubateurs, au centre du nouveau programme mené par l’OIF pour promouvoir l’emploi des femmes et des jeunes dans l’espace francophone. À ce propos, Adama Ouane a rappelé l’importance des femmes, sans qui « il n’y aura pas de vraie croissance », mais aussi des jeunes, et l’urgence de créer des emplois pour que « leurs énergies constructives trouvent un relais et un multiplicateur dans l’espace francophone ». Les conférenciers ont souligné le rôle essentiel que peuvent jouer ces incubateurs pour former et guider les jeunes entrepreneurs, l’importance du secteur public pour soutenir ces organismes d’accompagnement, la nécessité de donner confiance en promouvant des « success stories » francophones et de créer des liens entre les différents incubateurs dans les pays de l’OIF.

Il est donc question de l’intégration du climat dans la planification et les stratégies de développement et de l’accès aux financements.

Assurer un transfert équitable des fonds des pays riches vers les pays en développement

La deuxième réunion a permis de revenir sur les acquis de la CdP21 et de l’accord conclu à Paris sur le climat, d’évoquer les stratégies des pays francophones pour apporter leur contribution à l’objectif global de réduction des émissions de carbone et de discuter des enjeux de la CdP22, qui se tiendra au Maroc en novembre 2016, pour mettre en œuvre l’accord. Pour réussir l’adaptation et l’atténuation dans les pays en développement, trois grandes priorités ont été dégagées : l’intégration du climat dans la planification et les stratégies de développement, l’accès aux financements à grande échelle et par des entités nationales, et un cadre de transparence qui permette le suivi évaluation des engagements nationaux.

Enfin, le financement de l’action climatique a fait l’objet de discussions autour d’une table ronde. A la suite de l’exposé du ministre sénégalais Abdul Aziz Tall sur les risques que font peser les changements climatiques sur la croissance et l’émergence de son pays, les intervenants ont souligné la nécessité de faire appel aux fonds du secteur privé – au-delà des fonds publics, nationaux et internationaux, indispensables mais qui ne suffiront pas – pour assurer l’adaptation des pays en développement. Plusieurs pistes ont été mises en évidence : mise en place de mécanismes de marché ou de type « développement propre » pour assurer un transfert équitable des fonds des pays riches vers les pays en développement, mobilisation par les organisations internationales, telles que le PNUD, de fonds au niveau international au travers d’émissions d’obligations vertes, réduction des risques et mise en place de signaux clairs et d’indicateurs de mesure des risques et de performance climatique pour la réorientation de tous les flux financiers, y compris l’épargne individuelle.

Source : www.francophonie.org