Afrique – Doing Business : des réformes gagnantes

Pour la deuxième année consécutive, le continent africain bat le record du nombre de réformes mises en œuvre pour améliorer l’environnement des affaires. En effet, près de 17 ans après son accession au pouvoir, Paul Kagame semble remplir le mandat qu’il a reçu des Rwandais. Il consistait en priorité à relancer l’économie d’un pays dévasté par la guerre civile, passé de 4 à 11,92 millions d’habitants, dont le revenu moyen par an est aujourd’hui estimé à 700 dollars (environ 595 euros), contre 150 dollars en 1994. De bons résultats qui propulsent le Rwanda, au rang de 41e économie mondiale d’après le classement Doing Business 2018, publié par la Banque mondiale, ce 31 octobre.

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Maurice, Rwanda : premiers de la classe

Le pays des mille collines est le deuxième pays africain après l’île Maurice, mais surtout il gagne 15 places ! Et le volontarisme de son dirigeant semble jouer un rôle plus que signifiant, salué par les analystes de la Banque mondiale. L’année dernière, le Rwanda était classé 56e mondialement. Au cours de la dernière année, le petit d’État d’Afrique centrale a mis en œuvre cinq réformes, ce qui a facilité les affaires, notamment en ce qui concerne les petites et moyennes entreprises. Le ministre du Commerce et de l’Industrie Vincent Munyeshyaka a déclaré que l’évaluation du rapport était « satisfaisante ». « Avec le temps, nous avons trouvé que le rapport était un outil utile pour attirer des investissements dans le pays. Cela nous aidera à identifier les domaines dans lesquels nous devons améliorer et informer les politiques », a-t-il déclaré au journal News Time à l’occasion de la publication dudit rapport. En effet les rapports précédents faisaient état d’un décalage entre la mise en œuvre des réformes et le temps de l’information, car un certain nombre d’opérateurs économiques ignoraient les réformes.

De son côté, Maurice continue sur sa lancée. Surnommée la future « Singapour d’Afrique », l’île a mis en œuvre quatre réformes qui l’ont propulsé à la 25e place sur le plan mondial. Ces principales mesures pour améliorer le climat des affaires portent sur « la sous-traitance de la conception et des travaux de raccordement aux égouts », si cette disposition paraît anodine, elle a permis à Maurice d’accélérer les délais d’obtention d’un permis de construire, et d’améliorer ses notes sur la facilitation du commerce transfrontalier.

Pays-les-plus-reformateurs

Nigeria, Malawi, Djibouti et Zambie dans le top 10 mondial

Une chose est sûre, par leur position Maurice et Kigali confirment leur rôle de locomotives pour tout le continent. Leurs résultats reflètent aussi la nouvelle dynamique qui porte l’Afrique au rang de continent réformateur. Car la progression rapide de ces deux états suivis de près par le Maroc (qui est passé de la 69e place à la 68e), est loin de ce qu’ont connu le Nigeria, le Malawi, Djibouti ou encore la Zambie en matière de réformes économiques. Ils figurent tous désormais dans le top dix mondial des pays où le climat économique s’est le plus amélioré par rapport à l’an dernier. Signe tangible de cette nouvelle donne en 2003 par exemple, il fallait en moyenne 61 jours pour créer une entreprise en Afrique subsaharienne. Aujourd’hui, il en faut 24, ce qui n’est pas si éloigné de la moyenne mondiale de 20 jours.

« Les efforts de réforme de l’Afrique subsaharienne méritent largement d’être soulignés quand on sait que la région est le théâtre de multiples crises et que de nombreux pays sont en proie aux conflits et aux violences. Nous espérons que cette dynamique vertueuse en faveur de l’esprit d’entreprise se poursuivra, car elle est essentielle pour relever le défi de la création d’emplois, notamment pour les millions de jeunes hommes et femmes que compte la région », souligne Rita Ramalho, directrice par intérim du groupe des indicateurs mondiaux de la Banque mondiale, qui a préparé ce rapport.

Source : afrique.lepoint.fr