Alain Foka et la mémoire d’Omar Bongo Ondimba

Sept ans après le décès, le 8 juin 2009, d’Omar Bongo Ondimba, notre confrère, animateur d’Archives d’Afrique sur RFI, a présenté le 8 juin dernier, dans l’enceinte de la Direction générale des Archives nationales, de la Bibliothèque nationale et de la Documentation gabonaise (DGABD-Primature), un DVD consacré au parcours de l’ancien président de la République, décédé après un règne long de 42 ans. Alain Foka retrace dans sa série Archives d’Afrique, le parcours de cette figure de l’histoire contemporaine du Gabon et certainement de l’Afrique. Un travail de longue haleine (commencé en 2006) dont le résultat, fruit d’un partenariat de diffusion de ce travail historiographique avec l’opérateur de la téléphonie mobile Airtel Africa, figure dans un coffret distribué lors de cette cérémonie officielle, à la bibliothèque nationale de Libreville, entièrement réhabilitée et équipée en outils informatiques par Airtel Gabon. « Une initiative visant à contribuer à la restitution de l’histoire à la jeunesse gabonaise », ont précisé les organisateurs.

Dans son allocution circonstancielle de présentation de son œuvre, dédiée à la jeunesse gabonaise, interpelée à se l’approprier, Alain Foka est longuement revenu sur le parcours d’Omar Bongo Ondimba. « C’est un grand jour pour moi parce que j’ai fait ce que j’espérais faire en finissant ce film qui, comme d’autres que j’ai fait, était une aventure assez longue, fastidieuse, parfois conflictuelle, mais surtout réelle », a-t-il révélé. Il a invité les jeunes à s’approprier son film en ces termes : « Je vous ai donné une base sur laquelle vous pourrez travailler. Retenez de ce que j’ai apporté, essentiellement, les archives que nous n’avions pas. Je souhaite que vous travailliez dessus, que vous les critiquiez, que vous alliez un peu plus loin dans la recherche : que vous ressortiez la vérité de notre histoire. » Il a par ailleurs invité les universitaires et chercheurs à travailler pour éclairer « les pans de l’histoire qui ne nous ont pas été livrés».

Les invités à la présentation du coffret

L’animateur d’Archives d’Afrique sur RFI dit avoir commencé son film le 14 février 2006. « Je suis arrivé au Gabon en 2006 pour faire ce film, car l’ancien président était un auditeur fidèle du magazine que j’anime. Il s’était un peu offusqué que je n’ai pas consacré plus d’émissions à des leaders gabonais. Il venait d’écouter une émission sur Sékou Touré qu’il connaissait et il s’est dit : « Pourquoi pas une émission sur Léon Mba ?» », a-t-il raconté, disant avoir répondu : « Je ferai une émission sur Léon Mba si vous me permettez avant tout de faire une émission sur vous-même. » « Et là, il avait accepté, à condition que le film ne soit pas diffusé de son vivant…», a-t-il précisé.

Sur les huit entretiens que devait compter ce film, seulement deux ont été réalisés. « Au bout du deuxième entretien, sa tendre épouse est tombée malade et il n’a plus jamais été lui-même jusqu’au bout », a confié Alain Foka, justifiant le choix d’un coffret et non d’un film de 52 minutes, comme le veut la norme en pareilles circonstances. « Je trouve insultant de condenser 42 ans d’une vie en 52 minutes », a-t-il argumenté, disant avoir été orienté vers les Archives nationales par Omar Bongo Ondimba. « Je suis venu ici en 2007 et j’étais très malheureux de voir que ce qui constitue la mémoire de ce pays n’avait pas été une priorité », a-t-il déploré, s’empressant de relever que cette situation n’est pas propre au Gabon.

L’équipement informatique offert par Airtel aux Archives nationales

L’archiviste-en-chef René Georges Azizé Sonnet a officiellement reçu le film « Omar Bongo Ondimba » des mains du producteur et journaliste camerounais Alain Foka et en présence du P.-D.G d’Airtel Africa, Christian Faria, et du directeur général d’Airtel Gabon, Alain Kahasha. Alors que les Archives nationales s’affichent dans une belle construction de style moderniste fraîchement rénovée, là même où se trouvait l’ancien « hôtel des ministres » construit en 1962 par Léon Mba, ce dépôt patrimonial vient enrichir la mémoire de la Nation. Un écho concret à l’incipit du corpus de l’émission « Archives d’Afrique » d’Alain Foka sur la radio RFI : « Nul n’a le droit d’effacer une page de l’histoire d’un peuple car un peuple sans histoire est un monde sans âme. »

Lors de cette journée à forte densité mémorielle, le chef de l’Etat a eu l’occasion de saluer la large diffusion, par la photo et les images animées, des grands moments de l’histoire du Gabon indépendant.

La Rédaction