BADEA : 40 ans au service de la coopération et de la solidarité arabo-africaine

A un moment où régnait l’afro-pessimisme, le monde arabe a parié sur l’Afrique. La BADEA vise à contribuer au développement de la coopération économique, financière et technique entre les pays arabes et africains et à la concrétisation de la solidarité arabo-africaine sur la base de l’égalité et de l’amitié. Les liens de l’esprit, du cœur, du sang et de l’action qui se sont longuement établis entre les peuples arabes et africains, impriment aux relations arabo-africaines leur spécificité que des siècles voire des millénaires de brassages et d’interpénétrations fécondes entre les deux mondes ont rendu fortement enchevêtrés. Mais si l’histoire et la géographie ont largement contribué à tisser ces liens séculaires, il était tout aussi nécessaire que l’économie, le commerce, l’investissement direct et la finance renforcent davantage cet enchevêtrement inextricable.

Rien n’est donc plus naturel que les pays arabes, conscient de la communauté du destin et du devoir de solidarité envers leurs frères, se mobilisent pour contribuer au financement du développement de l’Afrique subsaharienne. C’est ainsi qu’à la faveur du premier boom pétrolier, lors du 6e Sommet de la Ligue des Etats Arabes, en novembre 1973, fut prise la résolution portant la création de la Banque Arabe pour le Développement Economique en Afrique (BADEA). Instrument financier de la solidarité arabo-africaine, la BADEA est un modèle original de coopération Sud-Sud dont les financements sont exclusivement réservés à des pays non actionnaires. A un moment où régnait l’afro-pessimisme, le monde arabe a parié sur l’Afrique. La BADEA vise à contribuer au développement de la coopération économique, financière et technique entre les pays arabes et africains et à la concrétisation de la solidarité arabo-africaine sur la base de l’égalité et de l’amitié.

Septième plan quinquennal

A cette fin, la Banque a élaboré le septième plan quinquennal de la BADEA (2015 -2019), qui s’inspire des enseignements tirés du sixième plan qui portait sur la période (2010-2014). Le septième plan quinquennal a porté le volume des engagements de la BADEA à 1,600 milliard de dollars, soit une augmentation de 600 millions de dollars par rapport au sixième plan précédent (2010-2014). Un montant de 250 millions de dollars est alloué pour la première année du Plan (2015), ensuite une augmentation progressive est retenue pour le reste de la période du Plan. Les allocations de la dernière année (2019) s’établiront à 350 millions de dollars. Dans ce plan, un montant de 1,100 milliard de dollars est alloué au financement des projets du secteur public, 450 millions de dollars pour les projets du secteur privé et 50 millions de dollars pour les opérations d’assistance technique. Une enveloppe annuelle allant de 150 à 250 millions de dollars est allouée au financement des exportations arabes vers les pays africains. C’est en fait sa mission parce qu’elle est chargée de contribuer au financement du développement économique dans les pays africains ; d’encourager la participation des capitaux arabes dans le développement africain et de contribuer à la fourniture de l’assistance technique nécessaire au développement de l’Afrique.

Devenue opérationnelle dès mars 1975, la BADEA offre, depuis plus de quatre décennies, des financements très concessionnels (avec un élément don souvent de l’ordre de 50%) et de l’assistance technique (sous forme de dons) aux pays d’Afrique subsaharienne. Les pays éligibles à l’aide financière de la BADEA sont les 44 pays africains non membres de la Ligue des Etats Arabes, les institutions publiques ou privées et les organismes et entreprises travaillant dans les pays africains, en plus des institutions africaines ou arabo-africaines concernées par le développement économique et social de l’Afrique subsaharienne. Récemment, la BADEA s’est engagée de manière résolue à fournir des financements dédiés au secteur privé en Afrique, à travers deux guichets nouveaux : le guichet financement des projets privés et le guichet financement du commerce.

Principales réalisations de la BADEA en faveur de l’Afrique subsaharienne (1975-2015)

C’est ainsi que la BADEA a pu, à travers ses différents produits, et depuis 1975, accomplir de nombreuses réalisations en faveur du développement économique et social de l’Afrique sub-saharienne, réalisant ainsi une couverture géographique de 44 Etats, donc la totalité des pays éligibles à son aide. Le cumul des engagements de la BADEA, durant la période 1975-2015, s’est élevé à 4,789 milliards de dollars, dont 4,629 milliards de dollars ont été alloués au financement de 605 projets de développement. Le montant alloué à l’assistance technique durant la période 1975-2015 a atteint 160,713 millions de dollars ayant servi à financer 655 opérations. Les financements de la BADEA ont pris en considération les priorités des pays africains bénéficiaires. Compte tenu de l’importance des infrastructures de base dans la mise en place des fondements des économies de ces pays, ce secteur a eu la plus grande part des interventions de la BADEA. Il en est de même de la contribution de la BADEA dans des domaines comme la sécurité alimentaire, la santé, la lutte contre la pauvreté et le développement des ressources humaines, la participation de la femme au développement et la protection de l’environnement.

Il est pris en considération dans les opérations financées par la BADEA les orientations de ses plans quinquennaux et les priorités exprimées par les pays bénéficiaires, dans le cadre de leurs plans de développement. La BADEA accorde la priorité aux opérations ayant une connotation régionale, bénéficiant à plusieurs pays africains à la fois et contribuant à la complémentarité et à l’intégration des pays africains d’une part, et avec les pays arabes d’autre part, dans certains cas. Les interventions de la BADEA tiennent aussi compte des orientations mondiales récentes dans le domaine du développement, en particulier en matière de stratégies de lutte contre la pauvreté, les Objectifs du Millénaire du Développement et du NEPAD.

La Banque participe enfin, aux côtés des institutions financières régionales et internationales, dans le cadre de l’initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE). La contribution cumulée de la BADEA au titre de cette initiative, jusqu’à la fin de 2015, a atteint un montant total de 256,564 millions de dollars au profit de 28 pays africains.

Source :  www.financialafrik.com