Barack Obama annonce 9,1 milliards $ de nouveaux investissements américains en Afrique

Le président américain Barack Obama a annoncé, le 21 septembre dernier, 9,1 milliards de dollars de nouveaux investissements en Afrique, tout en promettant d’œuvrer pour renforcer davantage les échanges commerciaux avec le continent. A propos de deuxième forum des affaires Etats-Unis Afrique, du 21 septembre 2016 dernier, le département d’Etat américain au commerce a parlé d’un « vibrant succès ». La mobilisation de ces  9,1 milliards $ destinés au commerce et à l’investissement permettra de soutenir le secteur des affaires en Afrique et préparer le terrain pour une coopération et une connexion plus grande entre les deux partenaires. «En Afrique, les Etats-Unis sont déterminés à être un partenaire sur le long terme», a-t-il déclaré devant plusieurs de ses homologues africains, lors du Forum d’affaires États-Unis-Afrique qui s’est déroulé à New York, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies. «Ceci est le Forum d’affaires États-Unis-Afrique, ce n’est pas de la charité», a ajouté M. Obama, indiquant que les entreprises américaines ont investi 15 milliards de dollars en Afrique, depuis la première édition du forum qui s’est tenue en août 2014.

Des échanges commerciaux sur le long terme

Le 44ème président américain s’est également dit satisfait de son bilan politique et économique en Afrique, depuis son arrivée à la Maison blanche, il y a huit ans. «Comme président, j’ai travaillé à transformer nos relations avec l’Afrique. Nous travaillons désormais ensemble comme des partenaires égaux ! Je suis fier d’être le premier président américain à avoir fait quatre voyages en Afrique subsaharienne et le premier à se rendre en Éthiopie et au Kenya», a-t-il affirmé.

M. Obama qui a, en quelque sorte, fait ses adieux à ses homologues africains a, d’autre part, promis de continuer à œuvrer pour améliorer les échanges commerciaux entre les Etats-Unis et l’Afrique, même après son départ de la Maison blanche. «Vous devez vous attendre à ce que je continue à travailler avec vous tous dans les années à venir», a-t-il dit, notant que 2% des exportations américaines sont actuellement acheminées vers l’Afrique. En effet, il y a énormément d’attraits pour le continent africain, s’accordent les économistes et analystes. Le continent offre des opportunités. Il affiche une croissance dynamique avec 1,6% à l’échelle de tout le continent, deux fois moins tout de même que prévu, a ajusté le Fonds monétaire international (FMI). Selon les dernières statistiques, la démographie africaine ne freine pas. Les pays d’Afrique représenteront deux milliards d’habitants en 2050, deux fois plus qu’aujourd’hui. Cette ressource humaine qui est composée en majorité de jeunes, constitue un atout à mettre au service de la croissance.

Malgré la multiplication des annonces qui ont marqué cette deuxième rencontre, on ne peut s’empêcher de relever que ce nouvel engagement de l’Amérique était un peu tiède. Barack Obama, dès janvier 2017, cédera son fauteuil de président, soit à Hillary Clinton, soit à Donald Trump. Dans ce contexte de transition, on peut comprendre que le leadership de l’administration actuelle ne pouvait pas avoir autant de poids qu’il y a deux ans.

Bilan mitigé

Aussi la promesse de 9,1 milliards d’investissement et de contrats commerciaux, est en droite ligne avec les performances des affaires entre les USA et l’Afrique, au cours des deux années qui ont suivi le premier forum, en 2014 à Washington. L’Amérique avait alors effectué l’annonce forte d’un volume global de 33 milliards $. Deux ans après, le bilan est plutôt mitigé. Seulement 15 milliards $ d’investissement ont été effectués.

Même si des voix dans la classe des affaires en Amérique estiment que les conditions des affaires s’améliorent en Afrique, il n’en demeure pas moins que la situation varie d’un pays à un autre, et surtout d’une région à une autre. Dans ce sens, la mise en place des projets notamment dans le secteur de l’énergie, a essuyé de nombreux vents contraires, très souvent en raison d’un faible leadership des dirigeants africains. Il n’empêche que l’administration Obama a signé un accord de coopération avec l’Afrique de l’est, visant l’amélioration de la qualité et des standards des produits qui sortent de ses pays membres. Elle a aussi prolongé et renforcé l’Agoa, la loi américaine sur les opportunités de croissance via le commerce et a lancé son projet Power Africa visant à améliorer l’offre en énergie dans la région.

Du point de vue du commerce, le succès n’a pas été non plus au rendez-vous, notamment pour ce qui est de l’Afrique subsaharienne. Selon des données disponibles sur le terminal financier de Bloomberg, la valeur globale des flux commerciaux au 30 décembre 2015 entre les deux blocs économiques a été de 38,2 milliards $ en baisse de 28% comparée à celle de la même période en 2014.

Aussi, ces flux commerciaux ont atteint leur niveau le plus bas depuis 2002, lorsqu’ils étaient de seulement 25,4 milliards $. Un groupe constitué d’experts américains de l’Afrique a été mis en place et leur dernier rapport indiquait les priorités à prendre en compte par l’administration américaine. Mais très peu de chose y sont dites sur l’engagement du leadership africain.

Source : http://www.agenceecofin.com