Cacao : les critiques pleuvent sur le Cocobod au Ghana

Les critiques pleuvent sur le Cocobod au Ghana. L’organisme public, qui gère la filière cacao ghanéenne, était le bon élève, il est aujourd’hui dans le viseur à la fois des nouvelles autorités d’Accra et de la Banque mondiale. Les traders le confirment, l’institution financière internationale est sévère : « Les gouvernements successifs au Ghana ont préféré collecter l’argent du cacao, plutôt que de bien rémunérer les planteurs », dit le rapport que s’est procuré Reuters. Prix à la productrice trop faible, mais aussi mauvaise gestion, voire corruption dans la distribution des engrais et des pesticides : certains paysans n’en ont jamais vu la couleur, selon la Banque mondiale, qui suggère de céder cette prestation au secteur privé.

La nouvelle direction du Cocobod dresse, elle aussi, un tableau bien sombre de la filière cacao ghanéenne, rapporte CommodAfrica : plantations trop âgées, ou malades, 40 % du verger ghanéen ne produirait plus de cacao.

Les grandes failles des filières cacao ouest-africaines

Nouvelle direction du Cocobod et Banque mondiale regrettent de concert que le Ghana ne parvienne plus à renouveler son exploit de 2010-2011 : un million de tonnes de fèves. C’est oublier que cette année-là un embargo occidental sur le cacao ivoirien lors de la crise post-électorale en Côte d’Ivoire avait poussé beaucoup de fèves ivoiriennes à traverser la frontière ghanéenne…

Ce qui est sûr, c’est que le plongeon des cours révèle les grandes failles des filières cacao ouest-africaines. Au Ghana, le Cocobod a été trop dépensier ; en Côte d’Ivoire, le Conseil café cacao ivoirien, structure beaucoup plus légère, a manqué d’anticipation et s’est retrouvé avec la moitié de la production de fèves sur les bras alors que le prix mondial s’était effondré.

Ce qui est certain également, c’est que le cacao est taxé comme aucune autre culture de rente, et pas seulement au Ghana. Le poids du prélèvement étatique, 40 % en Côte d’Ivoire, c’est le véritable frein à l’amélioration durable du niveau de vie des producteurs ouest-africains de cacao, estime l’agronome du CIRAD Philippe Bastide. Du coup, les paysans n’ont pas les moyens d’investir pour rénover les plantations. Or, au Ghana, il n’y a plus de réserve foncière pour en créer de nouvelles. La production ne peut que stagner.

Source :  www.rfi.fr