Campagne des jeunes pour la promotion de la culture de la paix en Afrique Centrale

« Des mots différents, une seule langue : la Paix. » Pour le Système des Nations Unies, la culture de la paix consiste « en des valeurs, des attitudes et des comportements qui reflètent et favorisent la convivialité et le partage fondés sur les principes de liberté, de justice et de démocratie, tous les droits de l’homme, la tolérance et la solidarité, qui rejettent la violence et inclinent à prévenir les conflits en s’attaquant à leurs causes profondes et à résoudre les problèmes par la voie du dialogue et de la négociation et qui garantissent à tous la pleine jouissance de tous les droits et les moyens de participer pleinement au processus de développement de leur société ». Cela, conformément à la résolution 52/13 du 15 janvier 1998 de l’Assemblée générale des Nations Unies.

C’est pour promouvoir en Afrique Centrale cette culture de la paix ainsi définie que le Réseau Panafricain des Jeunes pour la Culture de la Paix (PAYNCOP), le Réseau des Organisations de Jeunesse Africaine des Leaders des Nations Unies (ROJALNU) de chaque pays de l’Afrique Centrale et le Conseil National de la Jeunesse de chaque pays de l’Afrique Centrale ont pris l’initiative commune du présent projet de campagne.

Pour le PAYNCOP lancé en décembre 2014, à Libreville (Gabon), à l’occasion du Forum panafricain « la jeunesse africaine et le défi de la promotion d’une culture de la paix », organisé conjointement par la Fondation Omar Bongo Ondimba pour la Paix, la Science, la Culture et l’Environnement et la Commission nationale gabonaise pour l’UNESCO avec le soutien et la participation de l’UNESCO et de l’Union africaine, il s’agit de répondre alors à sa vocation, à sa raison d’être. Il s’agit en effet, pour le PAYNCOP, de contribuer à la mise en œuvre, au niveau de la sous-région, du Plan d’action dit de Luanda , issu du Forum panafricain de Luanda (Angola), « Sources et ressources pour une culture de la paix » (26-28 mars 2013). Ce Plan d’action s’adresse à toutes les composantes de la société africaine afin que chaque organisation ou institution puisse se l’approprier et s’en inspirer pour la programmation et la mise en œuvre de leurs programmes et activités à court, moyen et long terme.

« Agissons pour la paix »

Pour ce qui est de chaque pays africain, l’appropriation et l’inspiration du Plan d’action de Luanda devraient idéalement déboucher sur l’élaboration d’une stratégie nationale, en consultation avec les différents acteurs de la société et les secteurs public et privé, de promotion de la culture de la paix. L’élaboration et surtout la mise en œuvre d’une telle stratégie nationale de promotion de la culture de la paix constituerait ainsi une réponse du pays à la campagne « Agissons pour la paix » de l’UA ; campagne dont le but, à l’évidence, est de contribuer à la vision panafricaine durable pour une « Afrique intégrée, prospère et pacifique, dirigée par ses propres citoyens, et représentant une force dynamique sur la scène internationale », énoncée dans l’Agenda 2063. Renforcer cette campagne de l’UA « Agissons pour la paix » est justement l’un des objectifs du Plan d’action de Luanda dont l’un des quatre axes porte sur les « jeunes, acteurs du changement pour la paix et le développement ». 

Pour le ROJALNU, dont l’ambition est de créer une dynamique de changement au sein de la jeunesse africaine et l’implication effective des jeunes dans la réalisation des ODD, le présent projet de campagne des jeunes pour la promotion de la culture de la paix en Afrique Centrale est l’occasion de contribuer à la réalisation de l’Objectif 16 qui appelle à « promouvoir l’avènement de sociétés pacifiques et inclusives aux fins du développement durable, assurer l’accès de tous à la justice et mettre en place, à tous les niveaux, des institutions efficaces, responsables et ouvertes à tous ». 

La sensibilisation des jeunes à la culture de la paix, plus urgente en période électorale. 

La question de l’engagement des jeunes leaders des Nations Unies, membres des organisations de jeunesse africaine, en faveur de l’avènement de sociétés pacifiques a fait l’objet d’un atelier (« Volontariat et participation citoyenne des jeunes au service du développement et de la Culture de la paix en Afrique ») lors 5e Sommet Panafricain des Jeunes Leaders des Nations-Unies qui s’est tenu, du 4 au 6 mai 2016, à Libreville (Gabon). Du point de vue des Conseils Nationaux de la Jeunesse, il s’agit, à la suite de la Conférence de Banjul (21-25 mai 2016) fêtant le dixième anniversaire de la Charte africaine de la jeunesse, de réitérer l’appel à l’autonomisation et à la responsabilisation des jeunes par la mise en œuvre de ladite charte dont l’article 17, consacrée à la paix et à la sécurité invite, entre autres, les Etats membres de l’UA à « renforcer les capacités des jeunes et des organisations des jeunes dans la consolidation de la paix, la prévention des conflits et la résolution des conflits à travers la promotion d’une éducation interculturelle, l’éducation au civisme, à la tolérance, aux droits humains, à la démocratie, au respect mutuel de la diversité culturelle, ethnique et religieuse, et à l’importance du dialogue, de la coopération, de la responsabilité, de la solidarité et de la coopération internationale ».

Pour mémoire, l’un des ateliers de cette conférence de Banjul a été consacré à la question de la prévention et la résolution des conflits et des violences ; atelier dans lequel était représenté le directoire du PAYNCOP conduit par son président, Lawrence Ndambuki Muli, et son secrétaire permanent, Stéphane Leonel Nze Nguema : « Nous, les trois organisations des jeunes initiatrices du présent projet de campagne des jeunes pour la promotion de la culture de la paix en Afrique Centrale, sommes unanimes à considérer que la sensibilisation des jeunes à la culture de la paix, si elle est nécessaire en tout temps, elle se révèle néanmoins plus urgente en période électorale. » 

Apaiser le climat pré-électoral, électoral et post-électoral en responsabilisant et sensibilisant les jeunes

En effet, en période électorale, dans la sous-région comme ailleurs, le poids démographique des jeunes en fait des acteurs de premier plan à la fois en tant que corps électoral et en tant que militants ou sympathisants des partis politiques en compétition. Avant, pendant et même après les élections, ce sont donc les jeunes qui sont les cibles prioritaires des compétiteurs, les citoyens qu’ils cherchent à mobiliser le plus et ceux qui sont alors les plus exposés à l’instrumentalisation.

Toutefois, bien que potentiellement « instrumentalisables », les jeunes Africains de la sous-région, parce qu’ils sont de plus en plus instruits, informés et conscients politiquement, constituent en même temps une force prometteuse de changement sur laquelle se fonder pour construire l’avenir de l’Afrique Centrale et partant du continent. Pour le présent projet, il s’agit, par conséquent, de mobiliser le dynamisme et l’engagement des jeunes afin de promouvoir la culture de la paix, en tout temps et notamment en période électorale.

En période électorale, le présent projet de campagne contribuerait ainsi, en responsabilisant et en même temps en conscientisant les jeunes en particulier, à apaiser le climat pré-électoral, électoral et post-électoral dans les pays de la sous-région. De ce fait, cette campagne des jeunes pour la promotion de la culture de la paix en Afrique Centrale contribuerait à la consolidation de la démocratie en construction. Au nombre des pays de la sous-région qui vont entrer en période électorale d’ici à 2017, après la République Centrafricaine, la Guinée Equatoriale, la République du Congo et le Tchad, il y a l’Angola , le Gabon et la République Démocratique du Congo.

Du fait que l’aide à la construction de la démocratie dans la sous-région est une des missions du Bureau Régional des Nations Unies pour l’Afrique Centrale (UNOCA), il en ressort que l’implication de ce dernier dans cette promotion par les jeunes de la culture de la paix par le biais de spots télévisés et radiophoniques est capitale. En effet, dans sa coopération avec les pays de la CEEAC et avec les organisations sous-régionales d’Afrique Centrale, l’UNOCA a pour fonction d’aider ces derniers dans leur action visant à promouvoir la paix et la stabilité par la prévention des conflits et la consolidation de la démocratie par des élections apaisées, entre autres. L’objectif est de mettre médiatiquement en lumière la notion de culture de la paix afin de susciter à la fois une prise de conscience et une réaction de l’opinion publique, en général ; et de la jeunesse, en particulier, au rôle que chacun peut jouer pour construire et consolider la paix et la non-violence au quotidien.

La  « Journée internationale de la paix », le 21 septembre de cette année 2016 

La mise en relief médiatique de cette notion de culture de la paix est envisagée par une exploitation des thèmes du Manifeste 2000 pour une culture de la paix et de la non-violence, à savoir : le respect de la vie ; la pratique de la non-violence active ; le partage du temps et des ressources matérielles ; la défense de la liberté d’expression et la diversité culturelle ; la promotion d’une consommation responsable ; et la contribution au développement durable de la communauté. Chacun de ces thèmes fera l’objet d’un spot.

A ces six projets de spot doit s’ajouter un septième inspiré du logo du Mouvement panafricain pour la culture de la paix ; logo figurant sur la carte de l’Afrique construite avec des mots qui disent la paix dans les principales langues du continent (cf. page de garde de la présente note conceptuelle). De tous les spots, seul le septième sera différencié au sens où il s’agira de l’adapter à chaque pays en mettant en relief la carte du pays considéré et construite avec des mots qui signifient la paix. Enfin, la diffusion du septième spot lancera la campagne médiatique de promotion de la culture de la paix et sa conception et réalisation précéderont celles des autres.

En raison du calendrier électoral, cette campagne des jeunes pour la promotion de la culture de la paix en Afrique Centrale débutera au Gabon et se poursuivra dans les autres pays pour culminer avec la célébration de la « Journée internationale de la paix », le 21 septembre de cette année 2016. Pour la conception et la réalisation du spot de lancement au Gabon, il s’agira de mobiliser les jeunes eux-mêmes, à travers principalement les structures de jeunesse suivantes : le Réseau Panafricain des Jeunes pour la Culture de la Paix (PAYNCOP), le Réseau des Organisations de Jeunesse Africaine des Leaders des Nations Unies/Section Gabon (ROJALNU-GABON) et du Conseil National de la Jeunesse du Gabon (CNJG). Les jeunes mobilisés pour la conception et la réalisation de ces différents spots bénéficieront de l’accompagnement technique de l’Institut Gabonais de l’Image et du Son (IGIS).

Seront également mobilisés et impliqués dans ce projet des artistes, à l’exemple de la Gabonaise Annie-Flore Batchiellilys. Cette dernière s’est notamment proposée d’accompagner les jeunes du Gabon dans la conception et la production d’une chanson composée pour la circonstance et qui fera l’objet d’un clip-vidéo. Le spot de lancement de la campagne au Gabon sera conçu pour être adapté aux autres pays de la sous-région.

Considérant l’influence des médias (télévisés, radiophoniques, écrits et en ligne) dans la sensibilisation et l’éducation des populations, leur implication et leur soutien à l’ensemble des activités de cette campagne des jeunes pour la promotion de la culture de la paix en Afrique Centrale seront sollicités. A l’exemple du Gabon, les jeunes des autres pays seront également mobilisés à travers les démembrements locaux de ces entités de jeunesse que sont le Réseau Panafricain des Jeunes pour la Culture de la Paix (PAYNCOP), le Réseau des Organisations de Jeunesse Africaine des Leaders des Nations (ROJALNU) et le Conseil National de la Jeunesse (CNJ).

Porté par les jeunes, cette campagne de promotion de la culture de la paix en Afrique Centrale bénéficiera du soutien de l’UNESCO, de l’UNOCA et du Système des Nations Unies dans chaque pays.

Description de l’activité de lancement au Gabon

L’activité de lancement au Gabon de cette campagne des jeunes pour la promotion de la culture de la paix en Afrique Centrale comprendra les produits et livrables tels que la réalisation de la carte du Gabon avec le mot paix dans les langues parlées dans le pays ; la réalisation/diffusion d’un spot vidéo pour la diffusion sur les chaines de télévisions et le web ; la réalisation/diffusion d’un spot radiophonique ; la réalisation/diffusion d’une annonce pour la presse écrite ; la réalisation//diffusion d’une bannière pour la presse en ligne (web) ; la réalisation//diffusion d’un clip-vidéo pour une chanson des jeunes avec Annie-Flore Batchiellilys pour diffusion à travers les médias sociaux/web ; la confection des tee-shirts pour les jeunes participants au spot ; la mise à disposition d’un DVD contenant le spot vidéo, le spot radiophonique, l’annonce pour la presse écrite et le clip-vidéo ; la mise à disposition de 150 CD musicaux avec la chanson d’Annie-Flore Batchiellilys ; l’organisation d’une conférence de presse pour le lancement de la campagne médiatique (avec cocktail pour environ 60 personnes).

En août-septembre 2016 sera lancée la Campagne dans les autres pays de la sous-région. Et le 21 septembre 2016 sera célébrée la Journée internationale de la paix dans les 10 pays d’Afrique Centrale.

Le spot de lancement de la campagne pays de la promotion de la culture de la Paix en RDC, met en relief la carte du pays, construite avec des mots qui signifient la paix. Il en sera de même pour le Gabon.

Source :  www.unesco.org/africa4peace