CEMAC : le développement du marché régional des capitaux s’impose comme la solution de financement des économies

Les chefs d’Etats de la CEMAC réunis en urgence à Yaoundé au Cameroun, ont décidé parmi d’autres mesures, de limiter les avances statutaires de la Banque centrale (BEAC) au pays, au niveau de leurs recettes budgétaire de 2014. Pour combler le gap de besoin en ressources financières, il a été mis en place et adopté des mesures visant à promouvoir des mécanismes de financement dans le marché des capitaux. Comparé à sa région sœur qu’est l’Union Monétaire Ouest-Africaine, le marché des capitaux reste assez faible dans la zone CEMAC. Les bourses de Douala (DSX) et de Libreville (BVMAC) abritent peu de titres obligataires, et le volume des bons émis par les différents trésors publics de région demeure assez faible.

Des efforts d’ajustements structurels sous-régionaux

Sans surprise, l’option d’une dévaluation franc CFA n’a pas été retenue. « Les chefs d’Etat ont relevé que le renforcement de la stabilité macroéconomique, ne nécessite pas un réajustement de la parité monétaire actuelle », a fait savoir le ministre camerounais des finances, Alamine Ousmane Mey. En lieu et place d’une dévaluation, la décision a été prise de faire des efforts d’ajustements, sur le plan extérieur et intérieur, assorties de reformes structurelles adéquates. Mais malgré la réaffirmation du besoin de prendre des mesures d’ajustement interne et externe des économies, et la présence de Christine Lagarde, il n’y aura pas eu d’accord pour un plan d’ajustement structurel sous-régional, sous l’accompagnement du FMI.

Les pays ont préféré l’idée de l’ouverture de discussions bilatérales avec le Fonds, afin de mieux structurer les ajustements, bénéficier d’un meilleur accompagnement, afin de mieux relancer leurs économies. Ils ont aussi arrêté un nouveau point de convergence, visant à limiter le déficit public à 3% seulement du PIB, au cours des cinq prochaines années. Aucune date limite commune n’a été fixée pour l’ouverture de ces discussions. Il est peu probable que cela se fasse dans les prochains mois car la plupart des budgets nationaux déjà été adoptés.

Le Cameroun, le premier, devra montrer la voie en matière de discipline budgétaire. Son déficit commercial a cumulé près de 8 milliards $ entre 2010 et 2015, plombé durant les deux dernières années, par la multiplication des emprunts non concessionnels, pour le financement de son plan d’urgence triennal. Même si la question n’est pas directement citée, le Cameroun a obtenu que les pays de la région aient une position plus souple, pour ce qui est de la gestion de la coopération internationale par les pays membres. Rappelons que le pays de Paul Biya est officiellement entré dans un accord intérimaire avec l’Union Européenne, contre l’avis des autres pays membres, qui eux n’ont toujours pas ratifié le document.

Source : http : www.agenceecofin.com