Climat : un accord sur l’élimination des gaz HFC à Kigali

La communauté internationale a obtenu, vendredi dernier à Kigali au Rwanda, un accord pour l’élimination progressive des hydrofluorocarbures (HFC), ces gaz utilisés dans les réfrigérateurs et autres climatiseurs et qui se sont révélés extrêmement nocifs pour le climat. Des responsables américains se sont réjouis de l’ambiance positive des négociations, mais ont également souligné que les discussions achoppaient encore sur des points clés : des pays comme l’Inde souhaitent notamment que l’élimination des HFC débute en 2031, alors que d’autres veulent commencer dès 2021.

La réunion de Kigali a regroupé des représentants des 197 parties au Protocole de Montréal sur la protection de la couche d’ozone, dont une quarantaine de ministres et le secrétaire d’Etat américain John Kerry. Après plusieurs réunions bilatérales avec notamment la Chine et l’Inde, deux grands consommateurs de HFC, M. Kerry a déclaré : « C’est bien, c’est bien, nous faisons des progrès. » Un tel accord, sous forme d’amendement au Protocole de Montréal, est une avancée majeure dans la lutte contre le réchauffement climatique, et permettrait de commencer à concrétiser les engagements pris dans le cadre du pacte de Paris, qui entrera en vigueur début novembre.

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Le secrétaire d’État américain John Kerry (G) et le vice-ministre chinois de l’Environnement, Zhai Qing, le 13 octobre 2016 à Kigali, lors de la 28e Réunion des Parties au Protocole de Montréal. ( AFP / CYRIL NDEGEYA )

Présents également dans certains aérosols ou pour la fabrication de mousses isolantes, les hydrofluorocarbures (HFC) sont de redoutables gaz à effet de serre (GES), ceux dont les émissions augmentent le plus vite, à un rythme de 10-15% par an.

Un petit effort supplémentaire 

Certaines « questions épineuses » ont été partiellement résolues, comme le financement pour les pays en voie de développement. Fin septembre, 16 pays (Etats-Unis, Japon, Allemagne, France…) et 19 organismes et donateurs privés réunis à New York avaient promis 80 millions de dollars (71,5 millions d’euros) pour aider à financer la transition. Toutefois, dit Mme Perry, « personne ne veut être la raison pour laquelle a capoté la plus grande avancée de l’année 2016 en matière de climat ».

Le directeur du Programme des Nations unies pour l’environnement, Erik Solheim, se voulait toujours confiant malgré une ambiance tendue. « Nous avons besoin d’un petit effort supplémentaire », avait-il dit. « Si nous parvenons à cet accord, ce sera la plus importante des réunions mondiales de cette année. » L’amendement devrait être adopté par consensus et sera juridiquement contraignant, un calendrier de réduction des HFC devant être établi.

Diminution progressive

Avec le pacte de Paris, la communauté internationale s’est engagée à agir pour contenir la hausse de la température globale « bien en deçà de 2°C » par rapport au niveau préindustriel et à « poursuivre les efforts » pour la limiter à 1,5°C. Or l’élimination des HFC pourrait réduire de 0,5°C le réchauffement mondial d’ici à 2100, selon une étude publiée en 2015 par l’Institute for governance and sustainable development (IGSD), un groupe de réflexion. A l’horizon 2030, elle permettrait d’éviter jusqu’à 1,7 gigatonne d’équivalent CO2 par an, soit les émissions annuelles du Japon. Les HFC sont utilisés depuis les années 1990 en remplacement des CFC (chlorofluorocarbures), principaux responsables de la destruction de la couche d’ozone. Mais s’ils sont bons pour l’ozone, ils se sont révélés désastreux pour le climat. D’où l’idée, lancée dès 2009, d’un amendement au Protocole de Montréal pour leur suppression.

La plupart des pays sont prêts à geler la production et l’utilisation des HFC en 2021, des alternatives existant déjà, sous forme d’hydrocarbures, de dioxyde de carbone, d’ammoniac, d’eau ou d’hydrofluoroléfines (HFO). Mais plusieurs projets d’amendements sont sur la table. Ils proposent différentes dates pour le « gel » de la production et de la consommation d’HFC, avant une diminution progressive à des rythmes variables, les pays riches étant invités à agir plus tôt et plus rapidement que les pauvres. L’accord de Kigali, permettra de donner un signal positif à quelques semaines de la prochaine grande conférence annuelle sur le climat (COP22), prévue à Marrakech (Maroc).

Source :  www.boursorama.com