Concertation entre le patronat et les ministères de l’Economie et du Budget

Le ministre de l’Economie, de la Promotion des investissements et de la Prospective, Régis Immongault, et le ministre du Budget et des Comptes publics, Christian Magnagna, ont eu une réunion de concertation avec une délégation de la Confédération patronale gabonaise (CPG) conduite par sa présidente, Mme Madeleine Berre. L’entretien a porté essentiellement sur les retards de paiement de la dette intérieure, les entreprises membres de la CPG et la fiscalité.

Sujets d’entretiens récurrents que ceux de la problématique de la dette intérieure, de la fiscalité et du chômage (en particulier celui des jeunes qui tourne autour de 30 %), du pouvoir d’achat, du développement économique, notamment du développement décentralisé. Les échanges ont été francs et sans tabous, chacune des parties ayant fait l’état des lieux et proposé des pistes de solutions. Le patronat gabonais a mis un accent particulier sur la compétitivité des entreprises au regard des contraintes fiscales auxquelles elles sont soumises. Dans ce contexte, il est prévu d’organiser les premières « assises fiscales » du Gabon. En attendant la réalisation de ce projet par le Gouvernement d’ici à la fin de l’année, Régis Immongault est revenu sur la nécessité de redynamiser le partenariat public-privé sans lequel une croissance inclusive n’est pas envisageable pour le Gabon. Et au nombre des actions qu’il s’est engagé à mener, dix (10) ont été présentées au patronat. La première action porte sur l’amélioration de la compétitivité des entreprises locales, en trois points essentiels : la mise en œuvre du schéma directeur national des infrastructures qui permettra la réduction des coûts et un meilleur accès aux marchés ; le développement des pôles de compétitivité et la réduction des charges imputées aux entreprises gabonaises. Le ministre du Budget et des Comptes publics s’est montré rassurant en énonçant quelques avancées dans le traitement des dossiers des entreprises locales. Il révélera en ces termes les démarches entreprises par le Gouvernement : « Au regard du montant total des instances en attente de règlement au trésor, y compris la TVA à rembourser, le Club de Libreville VI et les concours bancaires, au 31 décembre 2013, l’audit a recommandé une annulation des dépenses ordonnancées et en attente de règlement d’un montant de 661 milliards de FCFA, ainsi que de 55,5 milliards crédits mis à disposition du Fonds Routier et le règlement des dépenses évaluées à 418,7 milliards de FCFA, hors TVA. »

Les autres points abordés par les deux parties ont porté sur la rigidité du marché du travail, les taxations illégales, la crédibilité de l’Etat quant aux nombreuses ardoises non réglées à certaines entreprises partenaires. Le patronat a présenté aux deux ministres de la Républiques les attentes des 350 entreprises nationales dites « citoyennes » membres de la CPG qui, par leurs activités, financent l’économie gabonaise. A ce sujet, Madeleine Berre, patronne des patrons, a été très franche et directe avec les membres du Gouvernement. Pour une meilleure implication des entreprises dans l’économie gabonaise, des actions concrètes doivent être entreprises, déclare Mme Madeleine Berre. Toute chose qui, selon elle, passe par de nouvelles politiques fiscales susceptibles de favoriser l’initiative économique. « Une réforme du système financier et économique devrait être amorcée », a-t-elle lancé, avant de s’inquiéter de la vétusté du cadre de l’emploi au Gabon qui, datant de 1968, nécessite d’être « modernisé ». Enfin, sur la politique de développement décentralisée qui apparaît comme « l’une des clés du succès de l’intégration des collectivités locales », la loi n°15/96 sur la décentralisation à l’aménagement des fonds des collectivités et l’ partenariat public-privéde celles-ci nécessite également une nouvelle réflexion de la part du Gouvernement.