Cours des matières premières 

D’après le Fonds monétaire international (FMI), l’économie des pays africains exportateurs de matières premières risque de recevoir un coup considérable si ces derniers ne s’adaptent pas au plus vite à la réalité des bas prix des matières premières. D’après les estimations du FMI, l’effondrement des cours des matières premières, couplé à une demande globale anémique, devrait faire reculer la croissance de la zone subsaharienne de 3,4% en 2015 à 1,4% pour l’année 2016. Ceci représente la pire performance de l’économie d’Afrique subsaharienne depuis environ deux décennies.

Des politiques  inadéquates et incomplètes

En outre, l’institution prévoit en 2017 une croissance légèrement en dessous de 3% pour la zone, à condition que les gouvernements prennent les mesures adéquates pour corriger les déséquilibres et dissiper les périodes d’incertitude. A cet effet, Abebe Selassie, directeur Afrique du FMI, fait remarquer que jusqu’ici les gouvernements de la zone n’intègrent pas entièrement la perspective d’une baisse prolongée des cours des matières premières. De plus, le responsable pointe du doigt l’application de politiques « inadéquates et incomplètes ». « Dans certains cas, c’est essentiellement l’espoir que les prix vont remonter, ou il y a déjà des investissements dans les oléoducs dans le secteur pétrolier », fait-il remarquer.

Selon lui, les pays doivent laisser leur monnaie s’ajuster et renforcer leur équilibre budgétaire tout en appliquant des réformes pour améliorer leur compétitivité. Ces mesures sont susceptibles à terme d’amortir les effets de l’impact de la baisse des cours sur les plus pauvres. Mais l’expert ne manque pas de réalisme. « Ce sont des décisions politiques difficiles et nous n’avons aucune illusion quant à la complexité de leur mise en œuvre », reconnaît-il.