Des subventions en Chine pour abandonner le maïs

La Chine veut se débarrasser de ses stocks de maïs. Pékin double les subventions pour ne plus en planter. Les agriculteurs chinois sont de plus en plus subventionnés… pour ne plus produire. En particulier pour ne plus produire de maïs, tant les entrepôts publics sont pleins. Cette année, Pékin va doubler les subventions pour encourager les paysans à abandonner le maïs, soit en opérant une rotation en faveur d’une autre culture, notamment le soja, soit en mettant leurs terres en jachère. Deux milliards et demi de yuan, selon Reuters, soit 323 millions d’euros, seront consacrés à ces subventions à ne pas produire de maïs, elles visent 800 000 hectares, dans le nord-est du pays. Des terres choisies parce qu’elles sont les moins favorables au maïs ou qu’on y a déjà planté du soja avec succès.

Des stocks de maïs qui atteignent 350 000 tonnes

Après l’abandon des subventions au coton, Pékin opère un découplage progressif de ses aides aux productions alimentaires, parce que la Chine croule sous les stocks. Ceux de maïs atteignent 350 000 tonnes, plus d’un an de consommation. Pour écouler ce maïs chinois, les provinces subventionnent les fabricants d’aliments du bétail qui veulent bien en acheter. C’est une mutation pour la Chine, après des décennies d’achats publics de céréales : la sécurité alimentaire était « la » priorité de la politique agricole chinoise.

Pékin estime désormais que cela lui coûte trop cher, surtout dans un contexte d’excédents mondiaux de céréales qui rendent les achats à l’étranger beaucoup moins coûteux que les achats domestiques. Ce choix, l’Inde se refuse toujours à le faire tant elle reste attachée à l’autosuffisance alimentaire, même si elle a du mal à gérer correctement ses réserves. Au contraire, la Chine pourrait bientôt, juge un cadre chinois du fournisseur de semences Monsanto, devenir dépendante des importations de maïs.

Source :  www.rfi.fr