Gagan Gupta, directeur général de Gabon Advance : « Tout est possible, mais la priorité est accordée aux investisseurs spécialisés dans la transformation du bois »

A pied d’œuvre pour l’aménagement du site qui abritera la Zone économique spéciale de Nkok, Olam Gabon prévoit d’importantes retombées économiques pour ce dispositif appelé à devenir la plus vaste zone franche de la sous-région d’Afrique centrale. Le directeur général de Gabon Advance, Gagan Gupta, revient sur les avantages et la portée de ce projet titanesque.

Economie Gabon + : Quelles sont les caractéristiques et l’origine du projet de la Zone économique spéciale de Nkok ?

Gagan Gupta : Il vise à créer et à développer près de la localité de Nkok, située à environ 27 km de Libreville, une zone économique spéciale destinée à promouvoir et attirer les investissements plurisectoriels de types industriel, commercial et de services en favorisant l’implantation d’entreprises. Il s’agit également de permettre le développement des exportations et de l’investissement direct, gabonais et étranger ; de favoriser le développement des productions et des ressources naturelles nationales ; de développer les industries de fabrication de produits issus de deuxième et troisième transformations du bois et de développer de nouveaux processus et des solutions techniques, ainsi que leur mise en œuvre dans l’économie nationale. Le projet Gabon ZES doit enfin permettre d’accroître la compétitivité des biens produits et des services rendus et développer l’infrastructure économique du Gabon, notamment en favorisant la création d’emplois.

EG+ : Quels sont les partenaires du projet ?

G. : Celui-ci est mené dans le cadre d’une coopération entre la République gabonaise et Olam International Singapour. Elle est régie par un protocole d’accord signé par les deux parties en mars 2010. Ces accords fixent les termes et les conditions des relations de coopération entre les deux parties en vue de la création et du développement de cette zone économique spéciale. Cela contribue à développer des synergies qui seront bénéfiques à la réalisation du projet dans les meilleurs délais.

EG. + : Quels sont les avantages procurés par cette présence dans la Zone économique spéciale de Nkok ?

G. : Elle offre un régime fiscal, douanier et commercial comparable à ceux offerts traditionnellement dans d’autres zones franches : exonération fiscale totale pour les entreprises pendant dix ans, et au-delà de cette période le taux d’imposition sur les bénéfices sera limité à 10% ; incitations fiscales à l’investissement et à l’embauche ; impôt sur le revenu des personnes physiques réduit ; exonération totale en matière de taxes douanières ; absence de licence d’importation, d’exportation, de contrôle des prix et liberté des transferts financiers.

Au niveau des infrastructures, la zone retenue  représente au total 12 000 hectares, situés à environ 27 km au sud de Libreville. A court terme, les premiers 500 ha seront mis en valeur en accord avec la phase 1 qui sera terminée en mars 2011. Les concessions pourront être acquises par les entreprises sous forme de terrains nus viabilisés ou de bâtiments. Les responsables du projet prévoient de définir de façon la plus fine possible les besoins en infrastructures avec les premières entreprises désireuses de s’y installer.

EG. + : Une zone industrielle pour quels investisseurs, quels produits et quel marché ? Quelle est la portée économique et sociale de ce projet ?

G. : Tout est possible mais la priorité est accordée aux investisseurs spécialisés dans la transformation du bois.

EG. + : Concrètement, quelles sont les retombées pour le Gabon ?

G. : Elles sont d’ordre économique, environnemental et social. Sur le plan économique, ce projet va permettre la transformation sur place de nos matières premières, notamment le bois, le développement des industries afférentes et le transfert de technologies, l’accroissement des investissements directs étrangers et les exportations. Sur le plan social, ce sont plus de 7 000 emplois qui pourront être créés. Sur le plan environnemental, le projet Gabon ZES prévoit la construction d’une centrale électrique utilisant comme source d’énergique la biomasse issue des déchets du bois, qui seront ainsi gérés de façon appropriée.

EG. + : Les petits exploitants forestiers, durement frappés par la mesure gouvernementale d’interdiction d’exploitation de grumes, pourront-ils également bénéficier de ce projet ?

G. : Oui en effet, les petits exploitants forestiers pourront en bénéficier.

EG. + : Quelles sont les modalités prévues pour l’acheminement des produits jusqu’au port et pour la distribution locale ?

G. : Il existera trois moyens de transport pour acheminer les produits au port et les distribuer localement : le transport fluvial, le transport ferré et le transport routier.

EG. + : Sur quelles prévisions tablez-vous pour la rentabilité et l’amortissement du projet ?

G. : Les études menées montrent que le projet est économiquement rentable au regard des données économiques et financières, notamment en ce qui concerne le marché international du bois et de ces produits. Avec les avantages fiscaux, douaniers et la réduction du cout de l’électricité, le projet est financièrement viable.

EG. + : Quelles sont les multinationales qui ont déjà manifesté leur intérêt pour ce projet ?

G. : Plusieurs sociétés de renommée nationale et internationale ont d’ores et déjà manifesté leur intérêt. Nous sommes confiants quant à leur implantation dans la zone.

G. + : Des études d’impact environnemental ont-elles déjà été réalisées ? Quels en sont les résultats ?

G. : Elles ont été menées par un cabinet d’étude de la place. Des mesures destinées à minimiser l’impact des travaux envisagés sur le site ont été retenues et mises en place.

Propos recueillis par Neltoh Nargo