Le conseil d’administration d’Ecobank approuve l’émission de 400 millions de dollars mais fait barrage contre le versement de dividendes

Les actionnaires d’Ecobank ont approuvé vendredi 16 juin à Lomé, le projet d’émission de capital porté par la direction et le conseil d’administration pour renforcer les capitaux propres de la banque. L’opération devra se dérouler au deuxième semestre de l’année en cours. Il s’agira, en effet, d’une émission de 400 millions de dollars d’un emprunt obligataire convertible qui aura une maturité de 5 ans et un coupon de 6,46 % au-dessus du LIBOR 3 mois, avec l’option de réaliser une conversion à un prix d’exercice de 6 cents US pendant la période de conversion. Les obligations seront ouvertes à tous les actionnaires d’Ecobank selon les mêmes conditions dans un proche avenir. Les fonds sont destinés à rembourser le prêt-relais nécessaire pour créer un instrument dénommé «Resolution Vehicle» permettant de gérer le portefeuille de prêts hérités d’Ecobank et d’optimiser les maturités du portefeuille de dette du groupe. « Nous sommes en train de prendre des mesures pour que nos livres de prêt soient transparents », a indiqué Ade Ayeyemi, le directeur général, l’air fort optimiste. Selon les dirigeants de la banque panafricaine, « le produit de l’émission sera utilisé pour résoudre le problème des actifs compromis et pour optimiser les échéances du portefeuille de créances du groupe ».

Une première moitié sera réservée au remboursement du crédit relais à court terme utilisé pour créer le mécanisme de règlement, précise le rapport annuel présenté aux actionnaires à l’occasion. La seconde moitié sera allouée à la reconstruction volontaire du portefeuille de créance du groupe. Basé à Lomé (Togo) et présent dans 36 pays africains – avec des bureaux à Paris, Londres, Dubaï et Pékin-, le groupe a enregistré une baisse de ses bénéfices au terme de l‘exercice 2016. Les pertes attribuables aux actionnaires s’élèvent à 250 millions de dollars, contre un bénéfice de 66 millions au 31 décembre 2015.

Ces progrès se traduiront par de meilleurs résultats du groupe Ecobank désormais

S’il est ravi d’obtenir « de haute lutte et du bout des lèvres l’approbation de l’émission obligataire », le président du groupe, Emmanuel Ikazaboh, ne cache pas son amertume sur le niet catégorique essuyé quant  à la distribution de dividendes sous forme d’actions nouvelles au titre de l’exercice 2016 : « Nous sommes ravis du fort intérêt que suscite l’émission auprès de nos actionnaires ; il justifie l’action énergique que nous avons prise pour résoudre le problème des actifs hérités, et prouve la confiance des actionnaires dans l’avenir d’Ecobank. » « Néanmoins, c’est avec grand regret que le Conseil d’administration n’a pu recommander le versement de dividendes pour l’année 2016 », a-t-il poursuivi. « La direction d’Ecobank est unie dans sa ferme volonté de travailler rapidement, et efficacement, pour permettre à nouveau le versement de dividendes dès que la position financière d’ETI le permettra », a-t-il poursuivi. Reste à savoir comment les actionnaires, qui ont déjà la notification de versement de dividendes via leurs gestionnaires de comptes, réagiront à cette nouvelle.

Commentant les résultats récents d’Ecobank, Ade Ayeyemi, Directeur Général du groupe, s’est montré optimiste : « Malgré les difficultés macroéconomiques qui persistent, toutes nos activités progressent. Nous accordons la priorité à la discipline des coûts, à un contrôle strict du crédit et à la numérisation de nos services pour améliorer l’expérience client. Nous résolvons de manière proactive la question des prêts hérités, et nous avons récupéré 2 millions $ au premier trimestre 2017. J’ai confiance dans le fait que ces progrès se traduiront par de meilleurs résultats du Groupe Ecobank désormais.»