Le FMI recommande une mise en œuvre des réformes structurelles

Une mission du Fonds monétaire international (FMI) dirigée par Alex Segura-Ubiergo a séjourné à Libreville du 26 juillet au 2 août pour passer en revue l’évolution de la situation économique et avoir des échanges avec les autorités. Au terme de ce séjour de travail, les services du FMI, les experts du FMI ont noté des premiers signes d’une reprise économique, mais les perspectives à court terme du Gabon demeurent délicates dans la mesure où les arriérés continuent de peser sur l’activité économique. Toutefois, le gouvernement s’est engagé à trouver une solution rapide. Au final les experts du FMI ont recommandé une mise en œuvre résolue sera essentielle à la réussite du programme des autorités. Il convient de saluer les progrès réalisés jusqu’à présent dans la mise en œuvre des réformes structurelles.

Pour rappel, le 19 juin 2017, le Conseil d’administration du FMI a approuvé en faveur du Gabon un accord élargi d’un montant de 464,4 millions de DTS (environ 642 millions de dollars et 215 % de la quote-part) au titre du mécanisme élargi de crédit (MEDC), à l’appui du programme de relance à moyen terme du Gabon. Le programme, appuyé par le MEDC, aidera le Gabon à rétablir la stabilité macroéconomique et à jeter les bases d’une croissance inclusive. Il vise à assurer la viabilité de la dette au niveau national et à contribuer à préserver la stabilité extérieure pour la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). La décision du Conseil d’administration ouvre la voie au décaissement de 71,43 millions de DTS (environ 98,8 millions de dollars).

Les décaissements restants s’étaleront sur la durée du programme et seront subordonnés à des revues semestrielles.

Une croissance économique globale autour de 1 %, en 2017

Au terme de la visite, M. Segura-Ubiergo a rendu publique la déclaration suivante :

« Les perspectives économiques à court terme du Gabon demeurent délicates, la croissance économique globale devant être modeste, aux alentours de 1 %, en 2017. À partir de 2014, la chute des cours internationaux du pétrole est allée de pair avec un ralentissement de l’activité économique, un net repli des exportations de pétrole et des recettes budgétaires et une détérioration de la balance des paiements.

Malgré ces perspectives difficiles, certains signes sembleraient indiquer que l’économie a commencé à se stabiliser au premier semestre 2017. Le secteur pétrolier a bénéficié du redressement des prix énergétiques internationaux par rapport aux faibles niveaux enregistrés au début 2016. En outre, d’autres secteurs liés aux ressources naturelles, comme par exemple les filières manganèse et bois et les activités agro-industrielles connaissent une croissance rapide, et les BTP semblent manifester plus de résilience que prévu. Il ressort des données douanières préliminaires que la croissance des industries extractives du Gabon a dopé les exportations de 38 % (en glissement annuel) à fin juin, tandis que les importations ont reculé de 21 %. Cette amélioration de la balance commerciale a contribué à atténuer le repli des réserves internationales imputées au Gabon à la BEAC. Cependant, l’économie continue d’accuser de sérieuses vulnérabilités. Le secteur du commerce et les services sont en récession et les dépôts bancaires et le crédit à l’économie ont diminué.

La mission a encouragé les autorités à mener des réformes pour accroître la mobilisation de recettes non pétrolières, tout particulièrement au plan douanier, où les résultats ont été décevants. Une plus grande mobilisation de recettes devrait aider à protéger les programmes essentiels de santé, d’éducation et de protection sociale en faveur des couches de population démunies. En outre, pour rétablir la confiance dans l’économie, une communication fréquente avec les parties prenantes sera nécessaire, au même titre que des progrès résolus dans la mise en œuvre du plan d’apurement des arriérés des autorités.

Une mise en œuvre énergique des plans d’apurement des arriérés de l’État

La mission a salué les progrès récemment enregistrés sur le front des réformes structurelles, y compris l’adoption de nouvelles procédures de dépenses et le renforcement des contrôles pour éviter le recours aux dépenses extrabudgétaires. Des réformes additionnelles pour accroître l’efficience et la transparence des dépenses publiques seront également essentielles. Il faudra pour cela respecter scrupuleusement les règles budgétaires, améliorer les marchés publics afin de réduire les contrats de gré à gré, recourir davantage aux études de faisabilité pour hiérarchiser les projets d’investissement public, et assurer une diffusion plus large de l’information économique. La publication d’un rapport trimestriel sur le montant et la composition des arriérés et des analyses de la rentabilité des projets d’investissement public dépassant 20 milliards de francs seront autant de pas importants dans la bonne direction.

La mise en œuvre énergique des plans d’apurement des arriérés de l’État sera également vitale pour accroître la résilience du secteur financier. Dans le même temps, les réformes destinées à améliorer le climat des affaires en appui à la stratégie de diversification devraient également être menées avec vigueur car elles offrent la possibilité de hisser la croissance vers les 5 % à moyen terme. »

L’équipe des services du FMI reviendra à Libreville en octobre pour mener les discussions relatives à la première revue de l’accord conclu avec le Gabon au titre du mécanisme élargi de crédit.

La mission a rencontré le ministre de l’Économie, de la Prospective et de la Programmation du Développement, M. Immongault Tatagani, le ministre du Budget, M. Otounga Ossibadjouo, le Directeur national de la BEAC et d’autres hauts responsables du gouvernement ainsi que des représentants du secteur privé, de la société civile et du corps diplomatique. La mission tient à remercier les autorités gabonaises de leur chaleureuse hospitalité et de l’esprit constructif qui a animé les échanges.

La Rédaction