L’écologisation de l’économie africaine n’est pas un leurre

L’économie verte est fondée sur l’hypothèse que le progrès social et économique doit être réalisé de manière qui n’épuisera pas les ressources naturelles limitées de la terre et qui tiendra compte des préoccupations concernant le manque de ressources naturelles, la destruction de l’environnement et le changement climatique.

Ce concept est l’aboutissement de vastes réflexions, discussions et analyses qui remontent aux années 80. Lors de la Conférence des Nations Unies sur le développement durable de 2012 à Rio de Janeiro, l’économie verte a été confirmée comme étant l’un des outils pour la conservation, l’amélioration et la reconstitution du capital naturel, considéré comme un atout économique essentiel donnant naissance à de nouvelles activités économiques et une réelle opportunité de changement social.

Le temps est venu pour l’Afrique de passer à l’économie verte. Les ressources naturelles sont l’épine dorsale de la récente croissance économique du continent, parmi les plus solides au monde. En 2011, par exemple, les matières premières et produits semi-transformés ont représenté environ 80% des produits africains d’exportation, contre 60% au Brésil, 40% en Inde et 14% en Chine. Les produits agricoles, le bois, les métaux et les minerais, et les hydrocarbures combinés ont représenté environ 35% de la croissance de l’Afrique depuis 2000. Ils fournissent la base de subsistance de millions de personnes qui dépendent de la fertilité des sols, de la forêt, de la pêche et d’autres ressources de la nature pour survivre. Les ressources naturelles soutiennent aussi beaucoup l’industrie du tourisme et des services associés.

L’Afrique doit prendre son destin en main

Nous sommes à un moment où la plus grande partie du monde a déjà été industrialisée. Maintenant c’est le tour de l’Afrique. Mais il nous faut admettre que ce n’est pas facile d’être un retardataire. La transformation structurelle de l’Afrique pour s’orienter vers des activités ayant davantage de valeur ajoutée et d’emplois modernes est étroitement liée à un secteur solide des ressources naturelles. Cela ne va pas sans poser de problèmes.

Après l’accord plus ou moins contraignant de la COP21 à Paris, les dirigeants africains, les élites africaines et la société civile africaine doivent prendre notre destin en main. Mais comme l’a si bien dit le Pr Kako Nubukpo, « ce qui fait peur, c’est la qualité de la gouvernance. Le fait de prendre son destin en main a une contrepartie, c’est d’être sérieux dans la gestion. C’est la grande question : est-ce que nous, Africains, voulons être sérieux dans la gestion de la destinée de nos nations ? »

Source : La rédaction

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