Leçons des 5e Assises de la transformation digitale en Afrique à Paris…

Des débats de qualité, plutôt destinés à des initiés, mais où chacun a pu exposer son point de vue en toute simplicité. Des thèmes bien choisis, des chevauchements inévitables et utiles pour bien comprendre l’impact transversal du numérique sur les autres secteurs d’activité. C’est le moins qu’on puisse dire des 5e Assises de la transformation digitale en Afrique qui se sont tenues les 3 et 4 novembre 2016 à l’espace Dauphine dans le 16ème arrondissement de Paris.

Les questions du financement des projets étaient au cœur des questionnements, les deux dernières conférences : « Les PPP, une solution pour le financement et le montage des projets numériques » et « Financement ; comment mieux articuler bailleurs, acteurs publics et acteurs privés pour le développement du numérique en Afrique » servant de point d’orgue à la confrontation des idées.

Pour financer leurs projets, pour les faire aboutir, les Etats ont besoin de l’aide des entreprises, des start-ups, de leurs fonctionnaires et des banques, car seuls, ils ne parviendront sans doute pas à tous les financer. Du rôle que ces dernières accepteront de prendre dans le développement numérique des pays où elles sont implantées dépendra en grande partie la réussite des projets engagés.

Ce que ces assises auront permis 

Rappeler aux décideurs l’importance de leur travail notamment en matière de coopération, de formation, d’emploi, d’équipement en soft et en services ;

Montrer qu’il y a deux approches : celle qui incite les gouvernements à agir rapidement, à répondre à la demande légitime des populations pour un Internet accessible, performant et sécurisé, pour plus d’usages conformes au modèle dominant, pour enrayer les frustrations et ne pas donner raison aux mécontents et celle qui met en garde les dirigeants sur les effets pervers liés à trop d’empressement à vouloir combler les écarts technologiques avec les autres continents ;

Encourager les corps intermédiaires à prendre leur part de responsabilité dans la construction d’une nouvelle Afrique ;

Donner aux néophytes, les clés nécessaires à une plus juste compréhension des contextes et des prises de décisions et fournir aux experts une nouvelle occasion de confronter leurs analyses et d’affûter leurs arguments.

Il ne s’agit pas seulement pour les Etats de simplifier la vie administrative des habitants, mais bien d’avoir une approche globale, sur le long terme, avec le risque que non seulement l’Afrique n’atteigne pas cet objectif, mais rate tout bonnement sa mutation numérique comme elle a manqué par le passé sa révolution industrielle.

Faire bénéficier les jeunes

C’est une possibilité donnée aux politiques africaines de parier sur la jeunesse et de faire en sorte que les avancées technologiques attendues puissent aussi bénéficier à l’emploi. Avec un chômage à plus de 40% chez les 20 – 30 ans et où 60% de la population a moins de 20 ans, on ne doute pas un instant de la volonté des gouvernements d’en faire une priorité.

Il leur revient de prendre les décisions appropriées en fonction des réalités économiques, des spécificités sociales et culturelles et de l’état des infrastructures éducatives. Dans un tel contexte, aucune solution ne peut s’imposer et le delta entre emplois créés et emplois détruits peut considérablement varier en fonction des stratégies mises en place.

Pour espérer fournir du travail à la jeunesse d’un pays, il faut pouvoir l’éduquer et la former à la hauteur de ce que supposent les emplois à pouvoir. Il faut aussi être en mesure d’expliquer que l’informatisation de la société demande du temps lorsqu’on décide de la confier à sa jeunesse alors que ces délais n’existent pas lorsqu’on lui préfère des solutions externes livrées « Clés en main ».

Pour son approche didactique et pluridisciplinaire, pour la qualité de ses intervenants et son organisation sans faille, on ne peut que saluer l’initiative de « CIO Mag » et lui souhaiter le meilleur pour ses prochaines éditions.

Source :  www.ticmag.net