Les PME, moteurs de la croissance, demeurent le parent pauvre des financements

Atomes de base du tissu économique, les PME peinent à émerger. Le principal obstacle ? Le financement.

Résultat, malgré un boum de l’entrepreneuriat, les PME ne jouent pas leur rôle moteur de l’économie comme dans le reste du monde. Alors qu’elles représentent 90 % des sociétés privées et 33 % du PIB, les PME ne sont à l’origine que de 45 % des créations de postes sur le continent, selon Africsearch. Dans le reste du monde, elles en fournissent 90 %. « En Afrique, nous avons beaucoup de PME, mais elles ne fournissent pas assez de travail pour stabiliser l’économie », observe Didier Acouetey, président d’Africsearch. Sur le continent le plus jeune du monde, leur importance est pourtant capitale. Alors que plus de la moitié des Africains ont moins de 25 ans, l’emploi, seul moyen de sortir de la pauvreté, est un défi crucial pour l’avenir. « Des centaines de milliers de jeunes entrent à l’université actuellement, mais aucune solution ne leur est proposée à la sortie. Une vraie bombe à retardement pour de nombreux gouvernements africains », affirme Didier Acouetey.

Le paradoxe africain, c’est que même si les PME sont le poumon de l’économie et la clé du développement, elles demeurent néanmoins le parent pauvre des financements. « Les banques et les institutions internationales préfèrent prêter aux multinationales », témoigne Marie Konaté, P-DG de Protein Kissèe. Leurs procédures sont trop lourdes et, pire que tout, qui a les moyens de payer 15 %, voire 18 % de taux d’intérêt ? C’est très difficile de trouver des financements en Afrique, les exigences en garantie sont inatteignables.

En cause, la forte aversion au risque des banquiers, qui craignent de ne jamais recouvrer le crédit accordé. De leur côté, les entreprises ne sont pas toujours bien organisées non plus. Parfois sans adresse, souvent informelles, elles n’offrent pas toujours la visibilité nécessaire pour permettre aux institutions financières de s’engager plus activement.