Lutte contre la contrefaçon en Afrique : 250 millions de produits fabriqués avec le système mPedigree

Plus de 250 millions de produits sont fabriqués en Afrique anglophone avec le système mPedigree. Ce service, créé initialement pour vérifier l’authenticité des médicaments grâce à un téléphone mobile, a convaincu des centaines de firmes. Dans la pratique, il suffit de prendre une pièce, de gratter sur l’étiquette collée sur la boîte du médicament, et là, il y a un numéro qui apparaît et vous pouvez le tester en envoyant simplement le code à un numéro de téléphone inscrit sur la boîte du médicament. On vous répond « OK » lorsque le produit est authentique.  Un système simple, rapide et gratuit pour le consommateur.

Depuis le siège de la startup basée à Accra, les équipes de mPedigree administrent le service. Chaque fois qu’un médicament contrefait est découvert dans l’un des cinq pays où le système est actif, les informations sont collectées et traitées pour être ensuite communiquées au fabricant afin qu’il soit au courant de la situation. Aujourd’hui, un million de demandes de vérifications sont traitées chaque mois. Les équipes rassemblent en temps réel toutes les informations sur les ventes pour permettre au fabricant de savoir ce qui se passe sur le terrain.

Service  gratuit pour les consommateurs

Dans la guerre à la concurrence déloyale imposée par les faux médicaments, la technique marche si bien que des entreprises hors du domaine médical se sont mises à utiliser ce service. C’est le cas par exemple de cette société de textile au Ghana. L’étiquette est collée sur les tissus, ce qui permet au consommateur de vérifier l’authenticité du produit. Le coût de l’étiquette est à moins de 8 francs CFA. Ce prix comprend tous les services délivrés par mPedegree : fonctionnement, données fournies aux entreprises, etc. Une tarification sur étiquette qui permet de faire supporter tous les frais au fabricant. Conséquence : le service est gratuit pour les consommateurs.

Marketing décisionnel. Pour les marques qui l’utilisent, mPedigree est surtout un important outil marketing. Il fournit en temps réel de précieuses informations sur les ventes, comme c’est le cas au Nigeria avec une entreprise de fabrication de pilules contraceptives. Un graphique montre au fabricant l’usage quotidien du produit. Des informations très utiles pour lui. Car il peut voir combien de gens achètent ses produits, où et quand. Un gisement de données nécessaires pour avoir une vue 360° de la clientèle et des niches à exploiter. Ainsi, il peut mieux décider quand relancer la production d’un produit ou cibler une publicité. Grâce à ces informations, il peut également décider du bon moment pour sortir un nouveau produit. Des arguments qui séduisent les industriels.

30% de médicaments en circulation en Afrique francophone sont contrefaits

Neuf ans d’expérience. mPedigree a été lancé en 2007 à Accra.  Selorm Branttie, co-fondateur de la startup, a raconté au micro de Canal+ les débuts difficiles de cette aventure. « On a commencé dans notre chambre à coucher. On faisait tout à la maison parce qu’on n’avait pas d’argent pour louer des bureaux. Au début, on n’avait rien. mPedigree, c’est une société qui a commencé sans aucun capital. Le seul capital qu’on avait, c’était notre cerveau », relate Selorm Branttie.

Neuf ans plus tard, la jeune startup a bien grandi. Ces premiers clients sont les laboratoires pharmaceutiques qui ont vite compris l’intérêt du produit. Selorm Branttie et son équipe aimeraient bien imposer le système à l’ensemble des médicaments vendus au Ghana. Pour cela, il faudra d’abord convaincre le gouvernement qui est encore au stade de la réflexion. En attendant, mPedigree poursuit sa route, car la stratégie continue de faire des émules. Au Nigeria, chaque boîte de médicaments contre le paludisme vendu dans le pays intègre désormais une étiquette mPedigree. Aujourd’hui, 205 millions de personnes ont accès au service. La startup envisage de s’installer en Afrique francophone. Les perspectives y sont énormes. Selon les organismes internationaux, 30% de médicaments en circulation dans cette région sont contrefaits.

produit contrefaçon

produits contrefaçon

Source : CIO Mag