Œufs contaminés : le nombre de pays concernés augmente, l’UE rassurant

Des millions d’œufs en provenance des Pays-Bas ont été contaminés par le Fipronil, un insecticide du géant allemand de l’industrie chimique Basf. Un insecticide pourtant interdit dans le traitement d’animaux destinés à l’alimentation.  La Commission européenne annonce que 15 pays de l’Union européenne, ainsi que la Suisse et Hong Kong, sont désormais touchés par la crise des œufs contaminés. Quelles leçons tirer de ce nouveau scandale sanitaire ? Une réunion de crise est prévue le 26 septembre prochain.

En effet, ce sont désormais 15 pays concernés par cette crise sanitaire, dont plusieurs hors de l’UE: Belgique, Pays-Bas, Allemagne, Royaume-Uni, France, Suède, Suisse, Luxembourg, Danemark, Autriche, Slovaquie, Roumanie, Italie et hors UE, la Suisse et Hong Kong. Une crise sanitaire née de l’utilisation dans les élevages avicoles d’un insecticide, le Fipronil, antiparasitaire interdit sur les animaux destinés à la chaîne alimentaire dans l’Union européenne.

La provenance des œufs identifiée

Concernant cette propagation, Daniel Rosario, un porte-parole de la Commission européenne, assure : « L’Union européenne a un des systèmes les plus sophistiqués au monde pour assurer la sécurité alimentaire des consommateurs. Ce qui prouve l’efficacité du système de traçabilité des produits. C’est ça qui nous permis assez vite d’identifier où ces produits sont partis, dans l’UE ou hors UE ». Et d’ajouter : « Ici, nous sommes devant l’utilisation d’un produit illégal, d’où la dimension judiciaire ».

Rappelons que deux personnes pour l’instant ont été arrêtées, deux dirigeants de ChickFriend, entreprise néerlandaise chargée de la désinfection dans les élevages. La Commission admet qu’« il y a pourtant des leçons à tirer de cette affaire ». « Il est trop tôt pour l’instant, nous verrons cela le 26 septembre », conclut le représentant.

Dans le même temps, sous le feu des critiques de ses voisins européens, les Pays-Bas reconnaissent que « des erreurs » ont été commises dans la gestion du scandale. « Aurions-nous pu aller plus vite? C’est ce que nous devrons analyser », dit la ministre néerlandaise de la Santé.

Le scandale s’étend, l’Europe de l’Est touchée

Le scandale, dénoncé par la Belgique fin juillet 2017, prend de l’ampleur et divise les Européens. Des tonnes d’œufs ont été saisies dans plusieurs pays de l’UE, tandis que des arrestations et des perquisitions ont eu lieu au Pays-Bas et en Belgique. Douze pays sont actuellement touchés.

L’enquête sur la fraude à l’origine de la contamination de millions d’œufs en Europe se précise. Les parquets de la Belgique et des Pays-Bas ont publié récemment un communiqué. On y apprend que les services belges et néerlandais ont formé une équipe d’investigation conjointe et qu’une opération simultanée a également eu lieu dans les deux pays : plusieurs perquisitions (dont onze en Belgique) ont été menées dans des entreprises de désinfection d’élevages avicoles et des échantillons ont été prélevés sur des machines.

Elles ont abouti à l’arrestation de deux dirigeants de ChickFriend, entreprise néerlandaise chargée de la désinfection dans les élevages. Dès le mois de juillet, 6000 litres de Fibronil auraient été saisis chez Poultry-Vision- le pendant belge de ChickFriend – à l’origine du scandale. Son dirigeant a été entendu mais laissé en liberté « sous strictes conditions » selon le parquet belge.

Le Fipronil, considéré par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme « modérément toxique » pour l’homme, est dangereux pour les reins, le foie et la thyroïde s’il est absorbé en grande quantité. Les faibles concentrations mesurées dans les œufs contaminés rendent toutefois le risque d’empoisonnement très faible. Son utilisation est interdite sur les animaux destinés à la chaîne alimentaire dans l’Union européenne, mais reste courante dans de nombreux produits antiparasitaires pour animaux de compagnie.

La Rédaction

Source :   www.rfi.fr