Patronat gabonais : Madeleine Berre succède à Henri-Claude Oyima

Lors du dernier Conseil d’administration de la CPG qui eu lieu le lundi 23 décembre 2013 à Libreville, c’est Madeleine Berre qui a été élue. Désormais à tête de la présidence de la Confédération patronale gabonaise, cette juriste d’affaires et présidente de l’association OHADA-GABON remplace à ce poste Henri-Claude Oyima qui a totalisé une dizaine d’années à la tête de ce groupement de chefs d’entreprises du Gabon. Pour rappel, Madeleine Berre, a été élue pour un mandat de 3 ans.

La CPG contribue à hauteur de 80% à la réalisation du Produit Intérieur Brut (PIB) et représente 90% de l’emploi dans le secteur privé formel et légaliste. Ancêtre de l’Union Interprofessionnelle du Gabon (UNIGABON) créée le 4 septembre 1959, la CPG existe depuis 1978. Elle rassemble, au travers de 17 syndicats, 300 entreprises dans 22 branches d’activités. Très proche du palais présidentiel du bord de mer, la CPG est souvent critiquée par les PME gabonaises pour sa gourmandise dans l’acquisition des marchés publics.

Les questions à l’ordre du jour de ce conseil d’administration concernaient notamment la passation de service entre les anciens administrateurs et les nouveaux représentants au Conseil d’administration de la Confédération patronale gabonaise (CPG), l’élection du président de la CPG, la présentation des nouveaux membres du bureau exécutif et la présentation du calendrier des événements de l’année 2014.

On retiendra que sur les 40 sièges du Conseil d’administration, 19 ont été renouvelés. Madeleine Berre a presque été plébiscitée comme nouveau président de cette structure. Elle a totalisé 33 voix, contre 4 et une abstention ; à l’issue d’un de ce scrutin où elle était présentée comme le «candidat de la continuité». Il faut dire que Madeleine est connue pour sa maitrise des dossiers, de l’ensemble des réformes engagées mais surtout pour sa participation active aux opérations de la Confédération patronale gabonaise.

« Quand la CPG a reçu le chef de l’Etat, elle a été la première à qui on a donné la parole, pour interpeller le chef de l’Etat. Sa nomination est bien dans la logique de la continuité, c’est-à-dire avec quelqu’un qui connaît la maison, quelqu’un qui connaît les rouages de fonctionnement. Avec sa nomination, la présidence s’est rajeunie féminisée. Parce qu’avec une femme c’est dynamique », a expliqué le président sortant, Henri-Claude Oyima pour justifier du choix de la nouvelle présidente.

Expliquant pourquoi il ne s’est pas représenté à ce poste, Henri-Claude Oyima a indiqué : « Le président ne s’est pas représenté parce que c’est la vie d’une association et c’est une vie où tout le monde doit participer. Et le président a déjà fait dix ans. Et comme j’ai dit à tout le monde, c’est du bénévolat, c’est du sacerdoce pour les entreprises. A partir du moment où on a déjà fait dix ans, il est normal qu’on puisse faire monter la jeune génération. On a mis un jeune parce que ce sont des relais qui doivent se faire dans la société. Nous avons aujourd’hui des chefs d’entreprises jeunes qui ont aussi des ambitions. Dans une association, que recherche-t-on ? Gravir des étapes ».

Le président sortant estime que son bilan est élogieux : «Quand on est arrivé à la CPG, on parlait très peu de cette structure, on ne la connaissait pas du tout. Aujourd’hui on parle de la CPG. Elle est présente partout parce qu’elle est une force de proposition. Et vis-à-vis des pouvoirs publics, nous proposons des réformes intelligentes pour faire évoluer les entreprises, mais aussi le pays dans sa globalité».

La prise de nouvelles fonctions au sein de cette organisation ne semble pas du tout ébranler la nouvelle présidente de la CPG, «Je confirme que j’ai été associée à toutes les discussions ces trois dernières années et cette proximité m’a permis d’avoir une bonne vision du fonctionnement de nos instances. J’ai appris, au cours de ces années en tant que président de la commission juridique et fiscale, à observer, à écouter, à comprendre le parler, l’essentiel, comment faire passer des décisions et toujours, l’intérêt collectif de la CPG», «Naturellement, les chantiers ne me seront pas nouveaux, je les ai déjà identifiés puisque j’ai eu le plaisir et l’honneur d’être associée à ces priorités-là. Nous comptons donc continuer les chantiers que nous avons démarré, continuer les réformes au plan social et au plan fiscal», a-t-elle indiqué.

Les projets pour les mois à venir concernent des rencontres avec certaines administrations du pays, l’organisation des Universités de la CPG, la participation à l’élaboration du Code de protection sociale et l’élaboration du nouveau Code du travail, entre autres.

La nouvelle présidente de la CPG est forte d’une expérience d’une vingtaine d’années en conseil juridique. Associée, elle dirige l’activité de Conseil juridique et fiscal du cabinet Deloitte. Elle a pour responsabilité d’assister les clients de Deloitte, des secteurs privé et public, dans les domaines traditionnels du droit des affaires et de la fiscalité. Elle a également développé la ligne de services droit social, ressources humaines, Capital humain du cabinet.