Pour la BCE, l’embellie économique pose un problème épineux – Plus Europe

La Banque centrale européenne (BCE) poursuit son programme d’assouplissement quantitatif avec détermination. Cependant, la volonté de la banque centrale de maintenir le cap semble de plus en plus aller à l’encontre d’indicateurs économiques en nette amélioration. Les investisseurs devraient donc se méfier d’un éventuel changement de ton. Le président de la BCE, Mario Draghi, a cherché en décembre à différer le débat sur le retrait du programme de rachats d’actifs en annonçant sa prolongation jusqu’à la fin 2017, à un rythme réduit à 60 milliards d’euros par mois à compter d’avril, contre 80 milliards d’euros précédemment. Après une certaine confusion initiale, les investisseurs ont accepté cette modification sans sourciller. En revenant sur sa décision, la BCE risquerait donc de perturber un marché de la dette souveraine européenne déjà sur les nerfs.

Abandon possible de la référence à des taux plus bas

Les investisseurs se demandent néanmoins si la BCE maintiendra sa référence à des taux qui « resteront à leurs niveaux actuels ou à des niveaux plus bas sur une période prolongée ». En février, Yves Mersch, membre du directoire de la BCE, avait soulevé cette idée, en demandant combien de temps encore la banque centrale pourrait dire que des taux plus bas constituaient une option. La BCE pourrait choisir de retirer cette phrase tout en insistant sur le fait que la politique monétaire restera accommodante, ce qui constituerait un premier pas vers l’admission d’une évolution de la situation économique.

Le risque de déflation s’est éloigné

La menace déflationniste a disparu, l’inflation en zone euro ayant dépassé en février 2% pour la première fois depuis quatre ans, même si Mario Draghi a mis les investisseurs en garde contre la tentation de crier victoire. L’indicateur du sentiment économique dans la région se situait par ailleurs en février à son plus haut niveau depuis mars 2011. Les enjeux auxquels la zone euro est aujourd’hui confrontée sont essentiellement d’ordre politique, avec un agenda électoral chargé cette année, et donc difficiles à appréhender pour la BCE. Si elle change ses projections de taux, la BCE risque une surinterprétation de ces propos, suscitant des interrogations sur le programme de rachats d’actifs, principal moteur des marchés européens.

Source :  investir.lesechos.fr