Résoudre le conflit homme-faune pour aider au développement de l’agriculture en milieu rural 

Dans un communiqué adressé à la BAD, ROSCEVAC et Croissance Saine Environnement apportent leur contribution aux Assemblées Générales du Groupe de la Banque africaine de développement en mettant un accent particulier au conflit homme-faune, aux risques climatiques, à l’insuffisance énergétique et à la faiblesse des politiques agricoles pour nourrir un continent qui dépense chaque année 34 milliards de dollars pour importer des denrées alimentaires. Et si cette saignée financière n’est pas stoppée, l’Afrique dépenserait 110 milliards de dollars d’ici à 2025 pour importer des produits alimentaires de l’extérieur du continent, principalement de l’UE, des Amériques  du Nord et du Sud, de l’Asie (le riz).

La BAD réaffirme sa réelle volonté d’aboutir à une solution planétaire et décisive sur les changements climatiques. Cet engagement l’a toujours guidé pour la sauvegarde de l’humanité, d’une part, et de la planète toute entière, d’autre part. Cependant, relèvent le ROSCEVAC et Croissance Saine Environnement, le monde a hélas et jusqu’à présent échoué à faire des progrès significatifs vers l’atteinte de ses objectifs. Malgré les efforts répétés, certains Etats ont toujours résisté à l’adoption d’un accord juridiquement contraignant.

Faire le point des impacts du régime de gouvernance mondiale du climat sur l’Afrique

Dans ces conditions difficiles et incertaines, affirment-ils, il est urgent et essentiel pour l’Afrique de réévaluer régulièrement et rééquilibrer ses propres valeurs et son approche dans les négociations internationales. C’est dans ce contexte que les Etats africains auront fort à gagner en s’inscrivant à une logique soutenue par l’atteinte des objectifs spécifiques édictés par leurs principes dirigeants.

Ceci est essentiel, précisent-ils, si les pays africains veulent trouver les outils et les instruments nécessaires à la réduction des risques climatiques et sauvegarder le mode de vie des générations futures. « Il est important de faire le point des impacts du régime de gouvernance mondiale du climat sur l’Afrique. Comprendre ou mieux comprendre les besoins de l’Afrique en particulier, les façons de réaliser une croissance économique durable résilient au climat », a indiqué Nicaise Moulombi, président du Réseau des Organisations  de la Société Civile pour l’Économie  Verte en Afrique Centrale.

Aussi, il serait, ajoute-t-il, plus que nécessaire de prendre des décisions mondiales émergentes lors des négociations entre le Groupe de la Banque africaine de développement et ses pays membres afin de les adapter à leurs spécificités et aux urgences de la politique de réduction de la pauvreté dans un contexte de chute drastique du prix du baril de pétrole, et de soutenir les efforts régionaux et nationaux. « Nous nous félicitons de l’initiative de la Banque de contribuer à la protection et à la conservation de la biodiversité de l’Afrique centrale, notamment en matière de lutte contre le braconnage des grands mammifères dont les éléphants », devait-il conclure.

Non à l’annulation des DSP

A cet effet, le ROSCEVAC et Croissance Saine Environnement interpellent le Dr Akinwumi Adesina, président du Groupe de la Banque africaine de développement, dans sa nouvelle gouvernance, à s’engager à ne plus se soustraire, au même titre que les Etats, de sa responsabilité d’annulation des documents stratégiques pays (DSP). En effet, l’annulation des DS conduirait les Etats membres de la BAD à se tourner vers  d’autres financements porteurs de risques de corruption avec pour conséquence l’accentuation de l’appauvrissement des populations dont 500 millions vivent avec moins de 1 dollar, 645 millions et 700 millions n’ont pas accès à l’électricité et à l’énergie pour produire, etc.

Par ailleurs, dans sa nouvelle gouvernance à l’interne, le ROSCEVAC et Croissance Saine Environnement appellent le président de la BAD à s’engager à lancer un audit indépendant pour évaluer les conséquences économiques et sociales liées, entre autres, à la non mise en œuvre et/ou annulation des DSP dans les pays membres en vue de tirer les leçons idoines pour le développement du continent. Quant aux gouvernements, ils  doivent  s’engager à l’intégration de la société civile dans les comités de pilotage des opérations financées par la Banque et la BAD.

Appuyer la transformation structurelle des économies de l’espace CEEAC

S’agissant de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC) en lien avec les priorités de Banque, notamment en matière de développement agricole du continent et de l’intégration sous-régionale, le ROSCEVAC et Croissance Saine Environnement invitent le président de la Banque à s’engager à intensifier son action visant le développement du système de l’économie verte en Afrique centrale, en particulier la protection de l’environnement et la résolution du conflit homme-faune, levier important pour le développement de l’agriculture en milieu rural. Bien plus, le président de la Banque est appelé à s’engager à l’appui de la transformation structurelle des économies de l’espace CEEAC pour contribuer à son industrialisation à travers le financement d’un audit visant les réformes institutionnelles, en accord avec la vision du président en exercice de la CEEAC avant toute poursuite du renforcement des actions de la Banque.

Par Dr Neltoh