Selon Frédéric ALRAN, Directeur Général de SAP Afrique Francophone, la réussite de l’économie africaine dans les prochaines années sera liée à celle de ses ports maritimes

D’après les statistiques, 90% des importations et des exportations en Afrique sont effectuées par la mer. Avec une classe moyenne qui atteindra à l’échelle mondiale les 5 milliards de personnes d’ici 2030, le commerce mondial devrait continuer de croître à un rythme sans précédent. Les rapports suggèrent que la flotte mondiale de fret aérien devrait doubler au cours de la prochaine décennie en raison des demandes croissantes de consommation de cette classe moyenne en constante augmentation.

En plus de répondre aux besoins commerciaux de leurs pays respectifs, les ports servent de portes d’entrée à des pays enclavés comme l’Éthiopie et le Tchad : ces derniers ont en effet un potentiel important d’exportation agricole et de matières premières et un besoin important d’importations de produits finis et transformés en provenance d’Asie et d’Occident. Sans ces passerelles, ces pays qui ont un grand rôle à jouer dans le commerce mondial sont, pour ainsi dire, écartés du jeu.

Si l’Afrique veut jouer un rôle de premier plan au niveau du commerce international et tirer profit de la croissance mondiale, elle devra nécessairement compter sur ses ports maritimes. Cependant, les ports africains sont confrontés aux principaux défis liés au sous-développement de leurs infrastructures et à l’inefficacité de leurs opérations, ce qui entraîne des pertes importantes de revenus potentiels. 72% du trafic mondial de conteneurs commandés par les pays en développement, l’Afrique ne voit que 1%. Une amélioration hypothétique de 1% à 3% augmenterait la valeur économique du commerce maritime d’une ampleur équivalente au PIB de certains pays africains. Dès lors, il est clairement nécessaire d’améliorer les performances des ports africains si le continent veut profiter de la promesse économique que nous réserve l’avenir.

Les défis du succès commercial maritime de l’Afrique

Les principaux défis communs à la plupart des ports africains sont les longs délais de dédouanement, le sous-développement des infrastructures portuaires de base et de leur hinterland, l’utilisation d’équipements obsolètes, les faibles niveaux d’automatisation ou encore le vol de conteneurs et de cargaisons.

Pour aider à relever certains de ces défis, différentes organisations non-gouvernementales internationales financent le développement de divers corridors commerciaux africains. Cela se matérialise par des investissements importants en faveur de l’expansion de la capacité de l’infrastructure portuaire, y compris l’expansion des parcs de stationnement, l’approfondissement des canaux et l’élargissement des bassins. L’investissement dans l’infrastructure n’est toutefois qu’une pièce du puzzle nécessaire pour gérer davantage de marchandises et de manière plus efficace.

La clé de cette efficacité est que les ports fassent davantage avec leurs ressources existantes, en particulier celles qui sont axées sur le transport de marchandises. En optimisant l’utilisation de ces ressources, les ports amélioreront non seulement leur capacité de transport, mais deviendront également plus rentables. Selon une analyse comparative des performances mondiales, les ports qui tirent parti de la technologie pour améliorer la productivité ont une marge d’exploitation supérieure de 36% à celle de leurs homologues. À titre d’exemple, en Asie, où les ports sont largement automatisés, le délai d’attente pour les navires – le temps de portage, de déchargement, de rechargement et de départ – est de 7 heures à peine, alors que la moyenne des ports africains est de 5 jours. Les navires cargo peuvent également passer jusqu’à un mois de plus dans un port africain que dans un port asiatique équivalent.

L’un des principaux facteurs de différenciation des principaux ports mondiaux est l’ampleur avec laquelle ils ont adopté des technologies émergentes. Par exemple, les plates-formes logistiques intelligentes pilotées par l’IdO et les solutions analytiques avancées qui gèrent le vol de conteneurs, prédisent la défaillance des équipements clés et réduisent, en temps réel, les temps d’arrêt permettant d’augmenter le débit des ports et de sécuriser les marges bénéficiaires. En revanche, la technologie et les processus manuels dépassés restent un fardeau pour les ports africains, la plupart des opérateurs restant tributaires d’équipements vieillissants, de systèmes disparates et d’une approche cloisonnée pour gérer les processus et les opérations de base.

Aller de l’avant

Pour relever les défis et surmonter certains des obstacles qui freinent leur succès et leur croissance, les ports africains adoptent diverses technologies afin d’atteindre les niveaux de performance réalisés par leurs homologues dans d’autres régions. Dans cette course à la performance, les autorités portuaires africaines ont identifié deux objectifs primordiaux : augmenter le débit des ports et améliorer les opérations des terminaux.

Pour augmenter le trafic des ports, les autorités envisagent des moyens d’accélérer le flux des marchandises en réduisant la congestion liée aux multiples interlocuteurs tout au long de la chaîne portuaire. En s’appuyant sur la logistique des hubs, les solutions de gestion des transports et les offres « d’entrepôts connectés », les autorités portuaires peuvent accélérer le taux d’échange d’informations entre les différentes parties prenantes. Elles libèrent ainsi la capacité à surveiller, en temps réel, les performances de leurs principales installations. Cela leur permet également d’en suivre la rentabilité, et partant, d’identifier de nouvelles opportunités commerciales. A titre d’exemple, l’Autorité portuaire de Hambourg a simplifié la logistique et la gestion des parkings avec SAP Hub Logistics, et a pu ainsi réduire le temps d’inactivité des transporteurs, améliorer son système de gestion du trafic et augmenter le volume du trafic en passant de 9 millions à 25 millions de conteneurs.

Pour améliorer les opérations des terminaux, les ports africains doivent adopter l’automatisation comme moyen de standardiser et de simplifier leurs opérations. La gestion des processus de ces ports nécessite une approche décentralisée, possible grâce à une plate-forme unique pour tous les efforts d’automatisation. Cela leur permettra de gérer des événements imprévus, en recommandant des mesures correctives et en facilitant la communication entre les parties prenantes à travers la chaîne de valeur du port, sans duplication des actions ou des messages.

Réaliser le potentiel économique de l’Afrique

Avec 30% des ressources minérales disponibles dans le monde et environ 60% des terres arables vierges, l’importance du continent africain dans la chaîne de valeur mondiale du transport des ressources – notamment alimentaires – est indéniable. Le succès des ports africains et des réseaux de transport associés est essentiel à la conversion du potentiel économique de l’Afrique en véritable succès. Pour faciliter de manière adéquate le commerce avec le reste du monde, les ports africains doivent faire de l’innovation, de l’automatisation et de la simplification leurs mots d’ordre.

En investissant dans des solutions technologiques offrant une gestion complète du transport, de la gestion des entrepôts connectés, la traçabilité des navires et des conteneurs et une logistique améliorée, les ports maritimes africains peuvent faire un pas de plus vers le développement économique du continent.

En s’alliant avec un fournisseur mondial de technologies tel que SAP, les ports africains sont en mesure d’adopter des modèles commerciaux innovants, de rationaliser leurs opérations et d’adapter leurs opérations pour répondre à la demande mondiale et réaliser leur plein potentiel.

Distribué par African Media Agency (AMA) pour SAP Africa.