Timide sortie de récession pour les géants africains

L’Afrique du Sud est officiellement sortie de la récession « technique », grâce à une croissance de 2,5 % au second trimestre 2017. Cependant, le Nigeria n’affiche qu’une faible hausse de son activité de 0,55 %, émergeant en 2016, de sa première récession en vingt-cinq ans. En cette période, l’économie nigériane s’est contractée de 1,5 %. Au regard de ce qui précède, les deux plus grandes économies du continent ont toujours des pieds d’argile.

L’Afrique du Sud, le plus industrialisé du continent, avait enregistré un recul de son PIB de 0,7 % au premier trimestre de cette année. « La bonne nouvelle, c’est que notre économie est fragile, mais pas encore prête à s’effondrer, mais ces chiffres restent faibles, notamment au vu de la croissance démographique », indique Azar Jammine, directeur de l’Agence Econometrix. Après une période de sécheresse particulièrement difficile, l’agriculture enregistre un fort rebond, et les secteurs des mines et de l’immobilier se redressent. La consommation est en hausse. « Il s’agit de mécanismes d’ajustement internes, mais les facteurs fondamentaux ne sont pas là », prévient Claude Baissac de l’agence de conseil Eunomix. « La situation budgétaire et fiscale de l’Afrique du Sud reste préoccupante, la gestion des entreprises publiques est catastrophique, et les investissements privés restent faibles, alors que les investissements étrangers sont quasi inexistants », énumère-t-il. L’incertitude sur l’avenir du président Zuma – qui pourrait être poussé à quitter ses fonctions d’ici à la fin de l’année – n’incite pas non plus à la confiance.

Dépendance au pétrole

Le Nigeria a eu du mal à diversifier son économie. Il est toujours très dépendant de la production de pétrole, qui représente 70 % de ses recettes, et l’effondrement des prix des hydrocarbures l’a privé de moyens. Même si les réserves du pays ont été stabilisées (30 milliards de dollars environ). L’économie repart très lentement, alors que la population croît de 3 % par an. Le pays a retrouvé un peu de souffle en avril quand la banque centrale a rouvert l’accès aux devises et débloqué des liquidités en dollars. La situation sécuritaire reste compliquée, même si Boko Haram est très amoindri.

Source: www.lesechos.fr