Tremplin 2016  Libreville

Grande fête de l’entrepreneuriat social des jeunes et culture de la paix en Afrique

Une grande fête pour les jeunes entrepreneurs, qui a démarré en sa première édition à Abidjan en Côte d’Ivoire en décembre 2013, suivie de la deuxième à Addis-Abeba en Ethiopie, a atterri à Libreville le 8 avril, en sa troisième édition. La parité, concernant les deux lauréats parmi les 14 candidats retenus par le jury, a été parfaite. Mlle Dominique Nancy Balle pour apporter la lumière aux foyers et Laurain Hugues Victor Essono Ngoua pour le développement des TIC. La marraine, Mme Madeleine Berre, ministre du Commerce, des Petites et Moyennes entreprises, de l’Artisanat, du Tourisme et du Développement des services, est fière des gagnants mais aussi engagée à soutenir les projets des 12 candidats non primés.

La salle des fêtes de l’hôtel Méridien Re-Ndama était bondée de monde à l’occasion de la troisième édition de Tremplin Libreville. D’un côté, les organisateurs (UNESCO et CEPS), les sponsors (PHENIX, OGAR, AIRTEL, ECOBANK, GABON TELECOM et SEEG) et le partenaire (Economie Gabon+, le magazine des dirigeants et leader d’opinion), de l’autre, la marraine, Mme Madeleine Berre, ministre du Commerce, des PME, de l’Artisanat, du Tourisme et du Développement des services, accompagnée du troisième vice-Premier ministre, ministre de la Formation professionnelle et de l’Insertion des jeunes, M. Flavien NZENGUI NZOUNDOU et les invités. Tremplin 2016, c’est cet événement en faveur de la jeunesse qui se propose d’impulser la dynamique de l’entrepreneuriat des jeunes Gabonais après ceux de la Côte d’Ivoire et de l’Ethiopie.

Tremplin est un mécanisme de soutien pour l’entrepreneuriat social des jeunes et la culture de la paix en Afrique. Il vise à promouvoir l’initiative privée et l’innovation sociale, à encourager l’esprit d’entrepreneuriat et à favoriser la mise en place de valeurs de responsabilité et d’engagement auprès des jeunes Africains. L’impact recherché va au-delà de la viabilité du projet d’entreprise et de son écosystème parce qu’il s’agit de récompenser et d’accompagner sa dimension sociale. C’est en cela que les projets de Mlle Dominique Nancy Balle, « Eclairage des foyers et accès à l’énergie », et de Laurain Hugues Victor Essono Ngoua, « Développement des applications, ingénierie logicielle, ventes de licences de logiciels, formation et assistance aux utilisateurs, réalisation d’enquêtes statistiques et sondages », ont été primés par un jury d’experts et de personnalités issus d’horizons divers. Mme le ministre Madeleine Berre l’a souligné, en s’adressant aux deux lauréats en ces termes : « Les deux projets ont un impact sur le social parce qu’ils visent à améliorer le bien-être des populations. » Et le chef de Bureau et Représentant de l’UNESCO au Gabon, M. Vincenzo Fazzino, de renchérir : « Ce mécanisme de soutien pour l’entrepreneuriat social des jeunes et la culture de la paix en Afrique, une initiative du Centre d’Etudes et de Prospective Stratégique (CEPS), soutenue dès sa création par l’UNESCO, répond à la vocation fondamentale de notre organisation d’élever les défenses de la paix dans l’esprit des hommes. Il participe à la réalisation de notre stratégie opérationnelle pour la jeunesse en contribuant à sa mise en œuvre, notamment dans son axe 4 qui porte sur l’autonomisation, l’engagement civique, la participation démocratique et l’innovation sociale, par les jeunes et pour les jeunes. » Le fonds de contributions volontaires créé par l’UNESCO pour les jeunes entrepreneurs sociaux africains constitue le pilier de ce mécanisme de soutien proposé pour les jeunes Africains afin de mettre en œuvre sa stratégie opérationnelle sur la jeunesse pour la période 2014-2021, qui va encourager le leadership des jeunes du continent noir via l’entrepreneuriat et l’innovation, lutter contre la pauvreté, promouvoir le développement durable et contribuer activement à l’enracinement de la paix.

« Il n’existe aucun intérêt plus élevé que l’être humain »

Les objectifs visés en Afrique donc au Gabon sont de concourir, dans un continent où 60% des chômeurs sont des jeunes, à désamorcer cette bombe à retardement suspendue sur la tête de nos pays comme une épée de Damoclès. L’impératif est de créer des entreprises qui contribueront à la création des richesses, des emplois et de la croissance. C’est la vision et l’esprit de Tremplin que M. Vincenzo Fazzino traduit en ces termes : « Tout en encourageant l’esprit entrepreneurial en général, « Tremplin » promeut la culture de la paix en restant davantage attentif à la création de la richesse sociale, supplément d’âme de la richesse économique et financière. Autrement dit, ce que « Tremplin » entend récompenser, c’est fondamentalement l’action entrepreneuriale inspirée par un esprit de solidarité et de cohésion sociale, c’est-à-dire une ambition d’entreprise mue par l’idée, comme le soulignait Adolfo Pérez Esquivel, Prix Nobel de la Paix 1980, qu’il n’existe aucun intérêt plus élevé que l’être humain. »

Bien belle est cette culture de la paix qui est une condition sine qua non du développement économique et une exigence de cohésion sociale dont le Plan d’action a été conçu lors du Forum de réflexion de Luanda en Angola, organisé conjointement par l’UNESCO, l’Union africaine et le gouvernement angolais en mars 2013. Ledit Forum a recommandé la création d’un fonds ou de mécanismes d’aide aux micro-entreprises impliquées dans des projets novateurs relatifs aux industries créatives et culturelles (artisanat, arts, musique, festivals, cinéma, etc.) et dans les économies verte et bleue (tourisme écologique, recyclage, énergies renouvelables, agriculture écologique, etc.).

Pérenniser l’esprit Tremplin au Gabon

C’est dire que Tremplin, initiative du Centre d’Etudes et de Prospective Stratégique (CEPS), partenaire de grandes organisations internationales depuis une trentaine d’années, est posé sur un socle solide pour le long terme. Son représentant à l’édition 2016 de Libreville, M. Loïc Tribot La Spière, délégué général, n’a pas tari d’éloges sur la contribution des sponsors : «Une telle manifestation, un tel prix, une telle dynamique ne pouvaient et n’auraient pu voir le jour sans des soutiens, des «fées bienveillantes». Il est important de les mentionner d’autant plus qu’ils se sont inscrits à nos côtés dans une démarche d’intérêt général et de générosité». Les DG ou les représentants des sponsors sont passés à la tribune pour manifester leur soutien à cette initiative entrepreneuriale pour les 14 jeunes Gabonais qui ont participé à cette compétition gagnée par Mlle Dominique Nancy Balle et M. Laurain Hugues Victor Essono Ngoua. La récompense, un chèque de 15 millions de francs CFA (7.5 millions à chacun) plus un an d’accompagnement (confié à JA Achievement) en matière de conseil en ressources humaines, juridique, export, comptabilité, marketing, communication, spécialiste d’un pays, etc., et cela en fonction des caractéristiques des projets.

Pour conclure l’événement, d’ailleurs très médiatisé, Mme le ministre Madeleine Berre a encouragé les heureux gagnants à persévérer dans cette dynamique de l’entrepreneuriat : « Vous êtes propulsés et prenez vos responsabilités. Vous n’avez pas droit à l’erreur et soyez à la hauteur des gens qui vous regardent. La dynamique entrepreneuriale est en train de prendre au Gabon et nous aurons des champions gabonais dans tous les secteurs d’activités économiques et des services. » Rassurante, elle a promis aux 12 candidats restants que son ministère ne les laissera pas sur la touche, parce que tous les 14 candidats seront identifiés et accompagnés afin que ce magnifique travail que Tremplin a effectué au Gabon se traduise sur le tissu économique de notre pays en termes de croissance, de création de richesse et d’emplois.

Dominique Nancy Balle et Laurain Hugues Victor Essono Ngoua, lauréats du Tremplin Gabon 2016

La Rédaction