Urgent : perspective négative sur la note triple A de la BAD

L’agence de notation Fitch vient de réviser la note AAA de la Banque Africaine de Développement (BAD, AFDB) de perspective stable en négative. La dégradation de la perspective, intervenue le 1er août 2017, reflète l’augmentation de l’endettement de l’institution réalisée pour financer des décaissements en hausse.

Le taux d’impayé de ce pôle privé est d’environ 9%

De même, le maintien de la triple A reflète le soutien, en cas de besoin, des 80 membres régionaux et non régionaux de la Banque africaine de développement. Mais, à partir de 2019 et à moins d’une augmentation significative de capital ou de réduction significative de la dette, l’encours de la dette ne sera pas couvert par le capital. La solvabilité de la banque reste bonne malgré tout, indique l’agence.

Si elle est importante, la capitalisation de la BAD a nettement décliné comparé au niveau de ses engagements. Quant à la génération du capital en interne (organique), elle est affectée par les faibles taux d’intérêt des placements et le coût, élevé selon Fitch, de l’opération de relocalisation à Abidjan. Le ratio fonds propres sur actifs s’est quant à lui décru à 23% et devrait encore se détériorer dans les années à venir.

Toutefois, l’exposition de la banque aux risques demeure relativement basse quoique, poursuit l’agence, le changement de la base d’allocation de crédit ait augmenté l’exposition sur les pays dits pauvres. La BAD est aussi exposée aux pays exportateurs de pétrole comme l’Angola, frappé en ce moment par une crise de liquidités, et certains pays d’Afrique du Nord sous pression comme l’Égypte. Le réajustement du portefeuille a diversifié le portefeuille de la banque avec la part des cinq gros clients qui s’est réduite de 54 à 36% de l’encours global entre 2014 et 2016. L’agence de notation pointe en outre la forte exposition de la banque au secteur privé qui représentait 24,5% des engagements à la fin 2016.  Le taux d’impayé de ce pôle privé est d’environ 9%