Vers une industrialisation verte en Afrique

« Vers une industrialisation verte en l’Afrique » est le titre de l’édition 2016 du Rapport Economique pour l’Afrique de la Commission Economique des Nations Unies pour l’Afrique. Pour les auteurs, « non seulement une trajectoire d’industrialisation en Afrique suivant le ‘statu-quo’ (business as usual) réduit le taux de croissance à moyen et à long terme, mais encore elle n’est pas viable. C’est pourquoi si elle veut s’industrialiser, l’Afrique n’a vraiment pas d’autre choix que de promouvoir l’écologisation de l’industrie – voie parfois difficile ». Malgré une faible contribution au changement climatique (0,87 tonne de CO2 en moyenne par habitant de l’Afrique subsaharienne et 2,79 tonnes pour l’Afrique du Nord contre 4,68 tonnes en moyenne par habitant au niveau mondial), les Africains sont de moins en moins critiques sur la nécessité de préserver l’environnement. Et malgré un environnement des affaires dont il reste encore beaucoup à faire pour plaire aux hommes et femmes d’affaires, le continent doit immédiatement prendre la voie de l’industrialisation verte.

La sous-industrialisation de l’Afrique, un atout pour sauter les étapes

Hier handicap, la sous-industrialisation de l’Afrique est aujourd’hui un atout pour sauter les étapes et mettre le cap directement vers un écosystème industriel sobre en carbone grâce à une force de frappe capable de bousculer le système pour l’orienter vers cette nouvelle donne.

Le découplage entre le développement industriel, les externalités négatives et la consommation des ressources nécessite la matière grise pour l’exploitation durable des matières premières. En matière d’économie du futur, l’Afrique n’est pas dernière mais peut devenir première en capitalisant ses initiatives pionnières.

Avec une forte présence sur le créneau de l’économie verte, l’Ethiopie est l’une des références africaines grâce à une politique publique articulée autour de la Climate – Resilient Green Economy. Cette vision se traduit par un plan d’actions pour l’écologisation de l’industrialisation.

Dans le cadre de sa vision 2030, le Kenya a défini une stratégie et plan d’actions pour l’économie verte : Green Economy Stregy and Implementation Plan. Pour sa transformation structurelle, l’ambition est à la promotion de l’investissement infrastructurel tenant compte des spécificités culturelles.

Avec la crise de l’eau, le Maroc mise sur un nouveau créneau de cultures. L’innovation du Plan Maroc Vert réside dans une agriculture et une industrie agro-alimentaire qui misent sur l’augmentation de la consommation nationale et l’irrigation au goutte à goutte pour limiter l’exportation de l’eau via les agrumes et légumes. Pour la protection, la restauration et l’utilisation rationnelle de son capital naturel et de ses services écosystémiques, le Mozambique a élaboré une feuille de route pour une économie verte : Roadmap for a Green Economy in Mozambique : Accelerating sustainable economic, social and environmental development. Au Rwanda, l’industrialisation verte fait partie de la Green Growth and Climate Resilience : National Strategy for Climate Change and Climate Resilience : National Strategy for Climate Change and Low Carbon Development 2011-2050. Comme dans une logique de Responsabilité Sociétale des Organisations, c’est grâce au dialogue avec les parties prenantes, notamment les syndicats, la société civile et le secteur privé, que le gouvernement sud-africain a conclu un accord sur l’économie verte (Green Economy Accord). Le Ghana s’appuie sur le Ghana National Cleaner Production Centre et le Manufacturing Industries Department pour déployer sa politique d’industrialisation verte.

Les membres de RSE Afrique, réseau des leaders de la Responsabilité Sociétale des Entreprises et de l’économie durable en Afrique, recevront une note confidentielle sur l’industrialisation verte en Afrique avec un focus sur les initiatives suivantes : MED TEST, chaîne de valeur du bois ghanéen, agro-industrie en Côte d’Ivoire, green business de l’élevage du poisson-chat au Nigeria, biocarburants au Malawi, énergie solaire au Rwanda, énergies solaire et éolienne au Maroc, énergie géothermique au Kenya, compromis et choix pour l’énergie au Nigeria, énergies renouvelables en Afrique du Sud, écologisation de la chaîne maritime à l’Ile Maurice, exploitation minière durable en Afrique du Sud, parc éco-industriel de Hawassa en Ethiopie, projet du pôle de recyclage de Kumasi au Ghana et écologisation dans le secteur de la foresterie dans 7 pays (Afrique du Sud, Cameroun, Ghana, Malawi, Mozambique, Ouganda et Tanzanie).

Source : Institut Afrique RSE